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mercredi 31 août 2022

Grand menteur de Laurent GAUDÉ -- Trois monologues

De ces trois textes, j’ai lu le premier à voix haute. Je relirai très certainement les deux autres de la même façon, en interprétant ses poèmes qui prennent tout leur sens, toute leur beauté dès qu’ils sont lus, j’allais écrire « chantés » tant le sens réel est donné par le théâtre.

Grand menteur agonise, et il se raconte, il raconte son père absent et ivrogne, qui ment, sa mère, qui ne dit pas toujours la vérité. Il parle de ses amours, de son amour qui revient comme un leitmotive Lou revient … Il se meurt et au son de la sirène il se souvient.

La mariée Gare centrale 
Elle attend à la gare, mais elle attend quoi, elle attend qui ? Non, elle n’attend rien, elle n’attend personne, grand menteur est déjà parti, déjà dans l’oubli et Charrette veut la guider, pour où, pour quoi ? Elle va la prononcer, sa phrase, et si elle peut la prononcer, alors elle sera quelqu’un dans cette gare, où tant de gens passent.
« Où c’est donc que tu vas te fourrer pour te cacher de vivre ? »
Le mieux c’est encore cette gare, ou la mariée se cache, cache sa peine et son désespoir, où tant de gens ne font que passer, dans sa vie aussi.

Fille Fiston
Né.e d’une mère tombée en amour d’un père déjà mort, né.e dans une gare centrale, déposé.e salle des pas perdus fille, fiston qu’importe, plusieurs c’est sûr. Les mensonges du père, la longue phrase de la mère et surtout l'amour,
« Les mots que j’ai posés 
Là, 
À tes pieds,
Je les dirai pas à d’autres 
Ça peut se donner qu’une fois. »

Quatrième de couverture:

Trois textes qui évoquent l'amour sous toutes ses formes : naissant, en fuite, déclinant.
Trois monologues qui, dans une langue joyeusement chahutée, interrogent et célèbrent la jouissance procurée par les mensonges que les hommes se racontent pour se plaire, pour plaire à l'autre et pour embrasser la vie que leur imaginaire projette sur le réel. Un triptyque qui tente également de cicatriser les blessures provoquées par des générations d'amours mal dits ou non confessés.

Laurent Gaudé 2021
Photo source Compagnie Théâtre en Scène
Design graphique studio Le Poisson Soluble


Mes 17 lectures de Laurent Gaudé 

ICI

lundi 20 août 2018

Bel-Ami de Guy de MAUPASSANT



Présentation de L'ouvrage 

Georges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d'une rencontre le met sur la voie de l'ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l'intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l'initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu'il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu'il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, œuvrent dans l'ombre. La presse, la politique, la finance s'entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l'érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l'angoisse que chacun porte au fond de lui-même.

Mon avis: (rédigé le 22 juillet 2018)

Bel-ami est publié en 1885!
Et je l'ai trouvé tellement contemporain. Rien au cours des siècles ne semblent changer et des intrigues des empereurs romains, des monarques de tous pays et des révolutions, il est une constante; la nature humaine! 
Il n'y a rien à dire, l'écriture de Maupassant est une vraie merveille…
J'aime son style, les histoires qu'il conte, ses personnages, même antipathiques sont hors normes, hors du commun et pourtant tellement vrais, tellement réalistes.
Duroy est ce qu'il y a de pire dans l'humanité, odieux, cynique, arriviste… oui, un être humain dans toute sa malignité. Séducteur, il se sert des femmes pour avancer. 
J'aurai aimé une troisième partie, où Madame Forestier aurait vengé toutes les humiliations…Mais Maupassant s'il n'en écrit rien, laisse une porte s'entrebâiller… 

Mon petit plus:

J'aime Maupassant (mes différentes lectures ICI).
C'est donc avec plaisir que j'ai accepté de lire cet ouvrage en lecture commune avec ma fille et mon petit-fils, Théo.
Pour son entrée en seconde il doit lire cet ouvrage et "Un fils en or" de Gowda.
J'attend donc avec impatience ce que Théo et ma fille auront retenu de leurs lectures.

jeudi 25 janvier 2018

Le Turquetto

Metin ARDITI

Quatrième de couverture

Se pourrait-il qu'un tableau célèbre - dont la signature présente une anomalie chromatique - soit l'unique oeuvre qui nous reste d'un des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne : un élève prodige de Titien, que lui-même appelait "le Turquetto" (le petit Turc) ? Metin Arditi s'est intéressé à ce personnage.
Né de parents juifs en terre musulmane (à Constantinople, aux environs de 1519), ce fils d'un employé du marché aux esclaves s'exile très jeune à Venise pour y parfaire et pratiquer son art. Sous une identité d'emprunt, il fréquente les ateliers de Titien avant de faire carrière et de donner aux congrégations de Venise une oeuvre admirable nourrie de tradition biblique, de calligraphie ottomane et d'art sacré byzantin.Il est au sommet de sa gloire lorsqu'une liaison le dévoile et l'amène à comparaître devant les tribunaux de Venise… 

Metin Arditi dépeint à plaisir le foisonnement du Grand Bazar de Constantinople, les révoltes du jeune garçon avide de dessin et d'images, son soudain départ... Puis le lecteur retrouve le Turquetto à l'âge mûr, marié et reconnu, artiste pris dans les subtilités des rivalités vénitiennes, en cette faste période de la Renaissance où s'accomplissent son ascension puis sa chute.

Ma rencontre avec "L'homme au gant"     ICI

Lors de notre visite du musée Fesch d'Ajaccio, en novembre 2014 (le cardinal Fesch, demi frère de Laetizia Bonaparte, accumula au cours de son existence de véritables trésors),  au détour d'une des salles, quelle ne fut pas ma surprise en découvrant une oeuvre dont ma fille m'avait quelques jours plus tôt beaucoup parlée, suite à sa lecture de " Le Turquetto" de Metin Arditi.
Alors, je ne sais plus… L'oeuvre serait différente de celle exposée au Louvre…peu importe.
Ma fille était si enthousiaste après la lecture de ce roman, que cette découverte fut pour moi un petit plus dans ma visite.
Quelques années plus tard, Noël dernier pour être précise, j'ai eu la bonne surprise de trouver sous le sapin ce joli roman, merci Laurence!
L'avis de Laurence   ICI

Mon avis

Metin Arditi nous raconte l'histoire de Elie Soriano, juif ottoman, qui, pour pouvoir peindre devient "le Turquetto". 
C'est l'occasion pour l'auteur de nous faire découvrir la Constantinople des années 1520, la pauvreté, les différences entre les religions et surtout les relations entre ces peuples de religions et coutumes différentes. Puis la Venise de la Renaissance avec sa beauté, sa richesse, ses bas-fond et sa puanteur.
En donnant à son jeune héros un regard acéré sûr le monde et les hommes qui l'entourent et le talent d'un grand peintre, il l'oblige à tricher pour pouvoir apprendre, pour exercer son art.
Parce qu'en ces temps de Renaissance, les religions sont puissantes…
Si comme le suggère l'auteur, "L'homme au gant" n'est pas l'oeuvre du Titien, alors l'autodafé est réelle, et nous sommes privés du sublime, "le Turquetto" a droit à une réhabilitation.
Si l'auteur a juste profité d'un doute sur la signature de l'oeuvre, il a bien fait, car grâce à ce subterfuge, j'ai passé de belles heures de lecture et "Le Turquetto" est devenu vivant! 

lundi 8 février 2016

Un tout petit rien

Camille ANSEAUME

Quatrième de couverture:

À tout juste 25 ans, Camille tombe enceinte. Alors que son amant claque la porte, elle décide de garder l'enfant malgré tout.
Loin de se douter des difficultés qui l'attendent, elle entame un parcours du combattant vers la maternité. Faire accepter son choix à ses parents, assimiler les changements de son corps et affronter le regard des autres, entre doutes et peurs, le chemin de cette future mère célibataire s'annonce complexe. Et sans garantie de trouver, au bout du compte, la certitude d'avoir fait ou pas, le bon choix.


Ce petit roman, qui ressemble à du vécu, est plutôt agréable à lire. La quatrième de couverture dit son choix, mais je ne l'avais pas lu avant…Donc j'ai eu la surprise!
Les questions d'une femme qui a un choix crucial à faire…Devenir mère…ou pas! Ce n'est pas si simple, elle est seule face à ce choix. 
Je n'ai pas aimé la réaction de sa mère. Elle aurait du lui dire "quelque soit ton choix, je serai là!" La narratrice lui pardonne évidement. 

Je fais partie d'une génération où nous n'avions pas ce choix, la contraception était encore un balbutiement, et de toutes façons, il fallait passer par les parents pour l'obtenir… J'ai connu autour de moi des drames, des jeunes femmes qui avalaient n'importe quoi, des femmes qui utilisaient des moyens extrêmes au péril de leur vie pour ne pas faire partie des parias, ces filles-mères d'autrefois, ou pour ne pas avoir un énième enfant. Je me souviens de la lutte terrible de
pour qu'enfin, chaque femme de mon pays est le choix!

Mais le choix reste toujours un moment douloureux, d'autant plus douloureux quand on est seule!



mercredi 13 janvier 2016

La fabrique des mots

Erik ORSENNA
Illustrations de Camille Chevillons
Quatrième de couverture

Comment fabrique-t-on les mots ? 
Jeanne, l'héroïne de "La grammaire est une chanson douce", a sa méthode : pour expliquer, elle raconte. 
Il était une fois un dictateur qui trouvait son pays trop bavard. Il était une fois le Capitan, vieux navigateur et collectionneur de dictionnaires. Il était une fois deux soeurs virulentes, l'une aimant le grec et l'autre militante du latin. Il était une fois un trafiquant d'oiseaux rares. Il était une fois un café où les couples se réconcilient, au lieu de divorcer. Il était une fois une mine d'or abandonnée... 
Nous avons créé les mots. 
Et si les mots, à leur tour, nous inventaient ?

Ce livre "trainait" dans le salon, chez ma fille. J'ai trouvé les illustrations jolies,  j'ai pensé qu'il s'agissait d'un livre pour enfant, la quatrième de couverture était sympa... Pourquoi Laurence ne m'a-t-elle pas proposée ce livre?
Certes je ne suis pas enseignante, mais j'aime partager, j'aime aussi l'étymologie, ma fille doit bien connaitre mes goûts littéraires, je n'ai pas apprécié cette lecture. Je suis complètement passée à côté.
L'avis de Laurence  ICI

mercredi 30 septembre 2015

Le collier rouge

Jean-Christophe RUFIN
Couverture:
Le chien Jacquot du régiment colonial du Maroc décoré de la Croix de guerre le 19 août 1918 au camp de Bois-l'Évêque.
Quatrième de couverture

Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l'été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d'une caserne déserte. 
Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. 
Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère. 
Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes. 
Trois personnages et, au milieu d'eux, un chien, qui détient la clef du drame…

Quel bonheur que la lecture de ce tout petit roman.
C'est avec beaucoup de pudeur que nous allons avec le juge militaire Lantier (Hugues) essayer de savoir pourquoi Morlac, héros de guerre a pu commettre un acte hautement répréhensible.
(J'ai tiqué…Mais d'où je connais Lantier… "***TITL***" fait ma cervelle "Jacques, Etienne Lantier" Les Rougon-Macquart, Zola…ouf…ça me perturbe et me fait perdre du temps quand je ne situe pas les choses).
Nous allons découvrir un peu du juge, un peu de Morlac et un peu de Valentine…un peu de ce chien.
Un bâtard, avec une maman briard… un chien qui a suivi son maître partout, malgré les obstacles, malgré la faim, il est resté fidèle aux côtés de son maître. Et il est toujours là, il hurle à la mort devant la cellule, il attend ce Morlac, qui semble si indifférent.
Ils racontent leur histoire, chacun à leur tour, par petites touches. Mais ils sont trop pudiques pour en dire plus, pour se plaindre.

2018 
Mon avis sur le film sorti le 28 mars 2018
 ICI

dimanche 20 septembre 2015

Jour de feu

René BARJAVEL
Couverture: Stanislas Zygart
Quatrième de couverture

C’est l’été. Le village de Collioure se prépare pour la fête du Roussillon. L’air sent le pastis et le melon. Les vieilles Catalanes vêtues de noir croisent les Parisiennes en bikini.
Deux nouvelles courent parmi la foule : hier, Barabbas a été emprisonné. Et pendant la nuit les gardes de Caïphe ont arrêté Jésus. Les croix dressées sur la colline attendent les prisonniers.
Tandis que Judas boit un demi au café, Pilate débat avec Caïphe pour savoir lequel de Barabbas ou de Jésus sera gracié. Un avion tourne sur la ville et laisse tomber des tracts : Libérez Barabbas!
Où sommes-nous? En quel temps? C’est l’éternité d’une histoire tragique, toujours présente, en tout lieu et en tout temps…


C'est toujours avec plaisir que je retrouve Barjavel, son écriture, son talent.
"Jour de feu" devait être l'adaptation cinématographique de Barabbas de Ghelderode. Ce film ne sera pas tourné et Barjavel en a tiré ce tout petit roman.
Roman ou conte, puisqu'il devient lui-même le conteur de cette vieille histoire. Il la raconte à des enfants qui bien sûr la connaissent… Il adapte pour ces petits colliourencs et pour notre plus grand bonheur l'histoire de Barabbas, le brigand, de Jésus, de Pilate, mais aussi des Maries, de Judas et de Pierre… Ils sont tous là. Au rythme de la corrida, à chaque plaie du taureau, à chaque geste du "matador" correspond une ouverture dans le conte. La foule, manipulée demande la libération du brigand… la femme n'arrive pas à laver le visage de Jésus imprimé sur son linge, Judas se consume, au propre comme au figuré… Même Pilate est stupéfait de voir le peuple demander la vie sauve pour Barabbas… Rien n’y fait, le matador tue le taureau… Jésus sera crucifié… La petite fille s’est endormie…"C’est une histoire qui n’a pas de fin"
Et je me rends compte que malgré moi, si le conteur est Barjavel, Barrabas a repris les traits d'Antony Quinn.

dimanche 6 septembre 2015

Claude Gueux

Victor HUGO
Couverture: Gavarni et Andrieux

Quatrième de couverture 

"Claude Gueux, honnête ouvrier naguère, voleur désormais, était une figure digne et grave. Il avait le front haut, déjà ridé, quoique jeune encore, quelques cheveux gris perdus dans les touffes noires, l'oeil doux(…), la lèvre dédaigneuse. C'était une belle tête. On va voir ce que la société en a fait."
S'inspirant d'un fait divers qui eut lieu à Paris en 1832, et quelques années après "Le Dernier Jour d'un condamné", Victor Hugo écrit un nouveau plaidoyer contre la peine de mort. Il dénonce la misère qui frappe les classes laborieuses, l'intransigeance bornée des chefs, et montre l'enchaînement fatal qui conduit les pauvres au crime. Ce n'est pas l'individu qu'il faut condamner, c'est la société qu'il faut réformer. Dans un débat toujours actuel, Hugo prône l'éducation contre la prison.

Je n'ai pas lu la préface, je n'ai pas non plus lu le dossier et les notes et notices expliquant l'oeuvre et la replaçant dans son époque. Je ne doute pas de leur intérêt, mais j'avais juste besoin de lire Hugo, ce magnifique auteur et surtout cet être humain hors du commun.
Claude Gueux, homme solide, peu éduqué mais honnête, va malgré lui devenir un délinquant et être condamné à la prison. Il va subir la haine du directeur de la prison, jaloux de son charisme, et commettre l'irréparable.
J'ai noté l'abus de pouvoir qu'exerce le directeur de la prison, et son fameux "Parce que.!"…Parce que c'est moi le chef, parce que c'est moi qui commande…aujourd'hui on appelle ça du harcèlement. 
Contre la peine de mort, mais aussi contre l'esclavage, pour une éducation laïque des enfants, président d'honneur de la ligue française pour le droit des femmes… Hugo est de tous les combats, du côté des plus faibles.
Victor, pardonne moi si je te tutoie, mais on a encore besoin de toi.

samedi 7 mars 2015

La petite marchande de prose

Daniel PENNAC
Couverture: Tardi

Quatrième ce couverture

"L'amour, Malaussène, je vous propose l'amour !" 
L'amour ? J'ai Julie, j'ai Louna, j'ai Thérèse, j'ai Clara, Verdun, Le Petit et Jérémy. J'ai Julius et j'ai Belleville …
"Entendons nous bien, mon petit, je ne vous propose pas la botte ; c'est l'amour avec un grand A que je vous offre : tout l'amour du monde !"
Aussi incroyable que cela puisse paraître, j'ai accepté. J'ai eu tort.
Transformé en objet d'adoration universelle par la reine Zabo, éditeur de génie, Benjamin Malaussène va payer au prix fort toutes les passions déchaînées par la parution d'un best-seller dont il est censé être l'auteur.
Vol de manuscrit, vengeance, passion de l'écriture, frénésie des lecteurs, ébullition éditoriale, délires publicitaires, "La petite marchande de prose" est un feu d'artifice tiré à la gloire du roman. De tous les romans.

C'est la troisième fois que je partage la vie de la tribu Malaussène. Grâce à son incroyable talent de narrateur Pennac nous emmène dans un monde toujours aussi surréaliste. 
Pour ne pas perdre les lecteurs, la reine Zabo demande à mon "bouc-émissaire" préféré de changer d'emploi, il devient l'incarnation d'un auteur à succès, le fameux J.L.B. .
Rien de bien méchant, répondre à des interviews, faire des photos, une conférence.
C'est sans connaitre Benjamin… Les amours, les assassinats, un soupçon de politique corrompu, un gros morceau de flics obtus, un doigt de policiers honnêtes, un zeste de médecin amoral, une pincée de médecin intègre…et une tribu au multiples origines, on obtient un cocktail déjanté.
C'est rapide, les évènements s'enchainent, on souffre, on a mal, on a peur, on rit.
On découvre aussi la triste histoire de "La petite marchande de prose", on aime tous (ou presque) les personnages. 

vendredi 13 février 2015

La fée carabine

Daniel PENNAC
Couveture: Tardi

Quatrième de couverture:

" Si les vieilles dames se mettent à buter les jeunots, si les doyens du troisième âge se shootent comme des collégiens, si les commissaires divisionnaires enseignent le vol à la tire à leurs petits-enfants, et si on prétend que tout ça c'est ma faute, moi, je pose la question : où va-t-on ? " 
Ainsi s'interroge Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel, payé pour endosser nos erreurs à tous, frère de famille élevant les innombrables enfants de sa mère, coeur extensible abritant chez lui les vieillards les plus drogués de la capitale, amant fidèle, ami infaillible, maître affectueux d'un chien épileptique, Benjamin Malaussène, l'innocence même ("l'innocence m'aime") et pourtant... pourtant, le coupable idéal pour tous les flics de la capitale.


Séduite par l'univers de la famille Mallaussène, c'est avec bonheur que j'entamais ce deuxième ouvrage.
On retrouve notre aîné, Benjamin, et son étonnant métier "bouc émissaire". À la fratrie se sont joint la maman, très enceinte, et quelques vieux faisant office de grand-pères, à défaut de pères inexistants.
Entre un égorgeur de grand-mères qui sévit à Belleville, une femme "dépontée" et un trafic de drogues pour troisème, voir quatrième âge, Pastor se démène, avec l'aide de Thian/veuve Ho Shi Minh, pour démêler cet écheveau.
L'univers de Pennac et de la famille Mallaussène est très tendre, mais aussi complètement déjanté.
Chaque personnage est complexe et Pennac fait ressortir la dualité de chaque être humain.
Un très bon moment de lecture… Je lirai sous peu "La petite marchande de prose".

samedi 24 janvier 2015

Au bonheur des ogres

Daniel PENNAC
Couverture: Tardi

Quatrième de couverture

Côté famille, maman s'est tirée une fois de plus en m'abandonnant les mômes, et le Petit s'est mis à rêver d'ogres Noël.
Côté cœur, tante Julia a été séduite par ma nature de bouc (de bouc émissaire).
Côte boulot, la première bombe a explosé au rayon des jouets, cinq minutes après mon passage. La deuxième, quinze jours plus tard, au rayon des pulls, sous mes yeux. Comme j'étais là aussi pour l'explosion de la troisième, ils m'ont tous soupçonné.
Pourquoi moi ?
Je dois avoir un don…

La famille Mallaussène est très particulière, complètement déjantée. C'est l'aîné, Ben qui assume, face à la défaillance de sa mère la lourde responsabilité du foyer. Pour vivre, et faire vivre la fratrie, il travaille comme "bouc émissaire" dans un grand magasin parisien.
Pour endormir ses frères et soeurs, le soir, il leur raconte ses journées au travail, enjolivant les faits, et décrivant de façon très visuelle les personnages.
Jusqu'au jour où une bombe explose…
Quelques chapitres pour m'adapter à la musique du texte et je suis partie dans cette histoire rocambolesque mais non dénuée de sens et une enquête policière des plus originale.
Je ne tarderai pas à lire la suite, afin de retrouver cette famille si pittoresque.

lundi 1 septembre 2014

Notre coeur

Guy de Maupassant

Quatrième de couverture:

Sa réserve hautaine semblait dire : « Je ne suis rien parce que je n’ai rien voulu être ». Il vivait donc dans un cercle étroit, dédaignant la galanterie élégante et les grands salons en vue où d’autres auraient brillé plus que lui, l’auraient rejeté dans l’armée des figurants mondains. Il ne voulait aller que dans les maisons où on apprécierait sûrement ses qualités sérieuses et voilées ; et, s’il avait consenti si vite à se laisser conduire chez Mme Michèle de Burne, c’est que ses meilleurs amis, ceux qui proclamaient partout ses mérites cachés, étaient les familiers de cette jeune femme.

Ils n' ont pas l'air de faire grand chose d'utile tous ces rentiers et artistes vivant de leur notoriété et se rencontrant au salon de Mme de Burne. Ils essaient de séduire cette jolie veuve, elle les charme mais n' accorde jamais de faveurs qu'amicales à ces nombreux soupirants.
Comme les autres, André Mariolle finira par être séduit. Ils deviendront amants, mais elle refuse de divulguer leur liaison. Elle ne veut pas perdre son statut. Il prendra, sans se soucier ni de son très jeune âge ni de l'amour qu'elle a pour lui, une maîtresse et fera d'elle une femme entretenue. Michèle et lui resteront des amants cachés.
Ce n'est pas une époque facile pour les femmes en général, mais aussi pour les femmes de ces milieux demi-mondains. Elles passaient le plus souvent de la tutelle de leur père à celle de leur mari et étaient considérées comme des êtres incapables, irresponsables. Celles qui mal mariées avaient la "chance" de devenir veuves avaient tout intérêt à garder leur liberté.
Quel bonheur pour moi que l'écriture de Maupassant. L'intrigue sert de support à de nombreuses descriptions. Son approche de Mont-Saint-Michel est superbe. La visite magnifiquement décrite. Sa vision du hêtre et du chêne s'enlaçant est magique.
Je retrouve toujours cet auteur avec plaisir...Il vient, tel un ami à ma rencontre depuis des années, mais rarement, et il ne m'a jamais déçue. Son style, son écriture m'enchante.




lundi 10 mars 2014

La ballade de Lila K

Blandine Le Callet

Quatrième de couverture:

Une jeune femme, Lila K., fragile et volontaire, raconte son histoire. Un jour, des hommes en noir l'ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l'a prise en charge. Surdouée, asociale, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. 
Son obsession : retrouver sa mère, recouvrer sa mémoire perdue. Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d'un univers étrangement décalé, aseptisé, où les livres n'ont plus droit de cité…


Elle "rentre" dans le système, Lila, cette enfant parce qu' elle garde le secret espoir de retrouver sa "maman".
Elle va lutter de toutes ses forces de petite fille, elle qui ne supporte ni qu' on la touche, ni les odeurs et la lumière, elle si asociale. Cette manie de toujours dormir sous son lit!
Elle va rencontrer Monsieur Kauffmann, elle aura confiance en lui et grâce à lui fera quelques progrès et surtout connaîtra les livres papiers.
Elle va s' attacher à Lucienne qui veut tant un enfant et qui pour que cet enfant vive devra se cacher.
Fernand aussi, dont elle comprendra que bien souvent il agit plus par conformisme que par méchanceté.
C'est un monde futuriste où tous les citoyens sont, pour leur sécurité (bien sur!), surveillés.
Et puis brusquement tout bascule pour le lecteur...Le chat, la pâtée pour chat et le placard...
Elle l' aime tellement sa "maman". Pour continuer de vivre il lui faudra comprendre comment et pourquoi Moïra Steiner est devenue une mère indigne, et surtout lui pardonner.

J' ai aimé lire ce livre; il soulève bien des questions qui sont encore et toujours sans réelle réponse.

vendredi 7 mars 2014

La porte des Enfers

Laurent GAUDE




Quatrième de couverture

Au lendemain d’une fusillade à Naples, Matteo voit s’effondrer toute raison d’être. Son petit garçon est mort. Nuit après nuit, à bord de son taxi vide, il s' enfonce dans la solitude et parcourt au hasard les rues de la ville. Un soir, dans un minuscule café, il fait la connaissance du patron, Garibaldo, de l’impénitent curé don Mazerotti, et surtout du professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi érudit que sulfureux, qui tient d’étranges discours sur la réalité des Enfers. Et qui prétend qu’on peut y descendre…
Ceux qui meurent emmènent dans l’Au-Delà un peu de notre vie, et nous désespérons de la recouvrer, tant pour eux-mêmes que pour apaiser notre douleur. C’est dans la conscience de tous les deuils – les siens, les nôtres – que Laurent Gaudé oppose à la mort un des mythes les plus forts de l’histoire de l’humanité. 

Solaire et ténébreux, captivant et haletant, "La porte des Enfers"nous emporte dans un "voyage" où le temps et le destin sont détournés par la volonté d’arracher un être au néant.


Le roman se passe à deux époques: Août 2002 et de septembre à novembre 1980.
Tout au long de la lecture nous passons d' une époque à l' autre; celle de drame en 1980, celle de la vengeance, en 2002

Nous entrons avec dureté dans ce monde de deuil que ne peuvent de toute façon pas faire des parents.

J' ai retrouvé le style de ce Gaudé que décidément j'aime lire.
J'ai descendu avec lui toutes les marches menant aux ténèbres et je l'ai suivi sans réfléchir dans les tourments de son imagination. J' ai été happée par les ombres des morts, de mes morts aussi.
J'ai aimé la vengeance de Pippo, jugeant la souffrance plus forte que la mort.
Et toujours cette femme hors du commun!
Elle (Giuliana) demande à son homme l' impossible...Lui (Matteo) fera le voyage pour lui donner l' impossible!

Chaque fois qu' un être aimé meurt, un peu de nous part avec lui...mais Gaudé le dit tellement mieux que moi dans sa postface:
"A eux tous, ils constituent la longue chaîne de ceux qui, en disparaissant, ont emmené un peu de moi avec eux".

mardi 19 novembre 2013

Ouragan

Laurent GAUDE

Quatrième de couverture:

A La Nouvelle-Orléans, alors qu'une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n'ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : que reste-t-il en effet d'un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s'est dissous dans la peur ?
Seul dans sa voiture, Keanu fonce vers les quartiers dévastés, au coeur de la tourmente, en quête de Rose, qu'il a laissée derrière lui six ans plus tôt et qu'il doit retrouver pour, peut-être, donner un sens à son existence...



En lisant ce roman, pas de doute nous sommes en plein coeur d' une tempête, ouragan de la nature, tempête dans le coeur et la tête des héros.
Ils sont une dizaine, tous en quête d' eux même ou de reconnaissance...et on est emporté par le tourbillon de l' écriture...
Comme elle est belle, comme elle m' a envoutée Joséphine linc. Steelson, drapée dans sa dignité de "négresse", elle revendique le droit à sa négritude, et à travers elle ce mot devient noble.
Malgré ma préférence pour Joséphine, j'ai aimé tous les personnages... De Byron, le petit "négrillon" à Buckeley le prisonnier.
Tous se mêlent, s' entremêlent au milieu du chaos, et Gaudé jamais ne nous laisse respirer. Nous sommes hors d' haleine, au milieu des immondices, des crocodiles et nous ne pouvons faire que comme les héros...continuer...

mardi 24 septembre 2013

L' élégance du hérisson

Muriel BARBERY



" Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois."

" Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches."


Elles sont toutes les deux enfermées dans leurs préjugés.

Rester conforme à ce qu' on attend de nous, ne montrer jamais qui on est vraiment, et par là même refuser tout lien avec l'autre.
C'est ce que souhaite Renée, sans doute pour ne pas souffrir.
Pourtant elle a été mariée et son mari, même peu instruit était un malin, il l'a respecté et sans doute se sont -ils aimés à leur façon.
Elle a une amie, Manuella,débordante de vie.

Paloma est, malgré un très jeune âge, déjà désabusée.
Elle regarde les adultes qui l' entourent avec un profond mépris.

On est soulagé quand arrive Kakuro Ozu,
les choses vont enfin bouger,

J'ai vu il y a déjà un moment "Le hérisson" de Mona Achache qui est une adaptation de ce roman.
Balasco est bien sur parfaite dans le rôle de Renée.

Le roman est bien écrit, mais je dois dire que j'attendais avec impatience l'arrivée de Ozu pour que le rythme change...et ma lecture fut alors plus rapide...un réel plaisir.



mardi 3 septembre 2013

Gatsby le Magnifique

Francis Scott FITZGERALD

L' histoire se déroule à New-York, dans les années vingt.
Le narrateur, Nick Carraway, va se lier d' amitié avec son voisin et peu à peu découvrir qui se cache derrière Gatsby le Magnifique.
Personne ne sait qui est vraiment Gatsby, d' où il vient et surtout comment il a amassé sa fortune.
Alors on invente des histoires à son sujet, tout le monde a une version...
Gatsby donne des fêtes grandioses et attire à lui la "haute société" .
Lorsqu'il invite Nick à une de ses fêtes, c'est uniquement pour être mis en relation avec Daisy Buchanam, qu'il a aimé cinq ans auparavant.
C' est un monde surfait auquel Carraway n' appartient pas, c'est sans doute pour cette raison qu'entre-eux une amitié va naître.
C'est une histoire d' amour. La toute simple histoire d'amour d'un homme qui n'aime pas la bonne personne.
"Et, assis en cet endroit, réfléchissant au vieux monde inconnu, je songeais à l' émerveillement que dut éprouver Gatsby quand il identifia pour la première fois la lumière verte au bout de la jetée. Il était venu de bien loin sur cette pelouse bleue, et son rêve devait lui paraître si proche qu' il ne pourrait manquer de la saisir avec sa main."

"Je vois bien maintenant que ce récit a été, tout compte fait, une histoire du Middle-West. Tom, Gatsby, Daisy, Jordan et moi, étions tous originaires du Middle-West"




mercredi 7 août 2013

Le confident

Hélène GREMILLON

Quatrième de couverture

Camille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d' abord à une erreur mais les lettres continuent d' arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend qu' elle n' est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme.

Il est surprenant ce Louis qui écrit ces lettres à une parfaite inconnue.
Il raconte son histoire d'amour avec Annie.
Elle disparaît de sa vie pour réapparaître quelques années plus tard et lui demander son aide...puis de nouveau elle s'enfuit...
Mais Camille est étrangère à cette histoire...
Pourtant Louis continue.
Et Camille va se retrouver au coeur d' une passion... cette passion qui ne peut connaître que l'amour ou la haine.
"Pierre mon frère, tu continueras de dire que j' étais la préférée de maman, si tu savais comme j'aurai préféré être sa fille."

C'est la triste histoire des parents stériles, des mères porteuses et des enfants volés vendus ou achetés.
C'est la triste histoire des femmes trahies en amour comme en amitié qui alors sont capables du pire.
C'est un roman qui prend aux tripes.

mardi 6 août 2013

La mort du roi Tsongor

Laurent GAUDE


J'ai avec ce roman découvert et apprécié l'écriture de Laurent Gaudé.

Le roi Tsongor roi de Massaba doit marier sa fille Samilia.
La veille de la noce un deuxième prétendant surgit.
Le roi doit choisir, il préfère, aidé de son fidèle Katabolonga  la mort.
Il demande au cadet de ses fils Souba de partir et d'ériger à travers l'empire sept tombeaux.


Le roi meurt...et le chaos nait dans sa ville...
Les deux prétendants de sa fille vont lever chacun une armée.
Ses fils vont s'entredéchirer... choisissant des camps différents.

Et pendant cette guerre, Souba va à la recherche de son père.
Il le découvrira bâtisseur, unificateur, mais aussi guerrier sanguinaire, sans pitié pour les peuples refusant de se soumettre.
Les tombeaux seront chacun un peu de ce père, qui avant d' être juste et bon était un tortionnaire.

Samilia trahie par son amour d'enfance, puis par son amour de femme, comprend que si la guerre à commencé à cause d'elle, elle n'est en rien responsable de cet enfer.



mardi 15 janvier 2013

Barbe Bleue

Amélie Nothomb

Je lis toujours avec beaucoup de plaisir, Amélie Nothomb.
Sa façon d'être pendant les promos y est certainement pour beaucoup.


Quand on sait que le rouge est sa couleur porte-bonheur,
quand on lit Barbe Bleue,
on ne s'attend pas à ce que le jaune d'or soit la couleur du roman.

Un presque Huis-clos entre don Elemirio Nibal y Milcar, grand d 'Espagne (j' ignorai que "grandesse" s'appliquait à quelques grands d' Espagne) et Saturnine, jeune enseignante belge à l'école du Louvre.

Une façon originale et moderne d' imaginer le conte de Charles Perrault.
Un agréable moment de lecture.