dimanche 29 septembre 2019

Les oubliés du dimanche de Valérie PERRIN


Quatrième de couverture:

Faute de connaître son histoire, Justine, vingt et un ans, se passionne pour celle d'Hélène, pensionnaire, presque centenaire, de la maison de retraite où la jeune femme est aide-soignante.
Sa vie est un roman : sa rencontre avec Lucien en 1933, leur amour, la guerre, le juif Simon planqué dans la cave, la trahison, la Gestapo, la déportation…
Justine extorque peu à peu à la vieille dame de lourds secrets et finit par affronter ceux de sa propre famille.

Mon avis:

C'est un roman à tiroir, ou au moins trois histoires s'entrelacent.
Celle d'Hélène n'est plus qu'un lointain souvenir, une histoire étrange, irréelle, un conte, comme les souvenirs de la vieille dame, pas toujours très fiables.
Une famille atypique, élevée par des grand-parents,
il ne devrait y avoir qu'amour et tendresse.
Un frère-cousin, et de terribles secrets de famille.
Et son histoire d'amour, où Justine semble confondre le rêve d'Hélène et sa réalité.

La lecture de ce roman se fait tout en douceur, alors que la violence des propos est réelle.
Une jolie lecture.

Mon petit plus:

''La vie est courte, les journées sont longues."
Propos tenus par Justin A. mon Grand-père maternel! 

mardi 24 septembre 2019

Un élément perturbateur d'Olivier CHANTRAINE


Quatrième de couverture:

"Qu'est-ce que vous foutez dans mon bureau, me dit-il d'un ton suspicieux.
C'était ouvert Monsieur Krug, je venais vous voir.
Bon, qu'est-ce que vous voulez, j'ai du travail, notamment à cause de vos chinoiseries.
Le Japon, je dis.
Ça fait une différence ? s'énerve Krug.
Je reste sans voix. J'hésite à lui répondre que le 6 août 1945 à huit heure quinze ça faisait une petite différence d'être à Pékin plutôt qu'à Hiroshima. Mais je ne dis rien."

Envoyé au Japon pour conclure une négociation cruciale, Serge fait capoter l'affaire. Sommé de réparer son erreur, le voici lancé dans l'opération de la dernière chance. Mais les déconvenues s'enchaînent.
Un premier roman à l'humour décapant, qui illustre le rapport ambivalent du héros à la réussite, à la famille, au couple, et à tous types de discours dominants.

Mon avis:

Aphasique à ses heures, Serge est un anti-héros par excellence.
 C'est un roman caustique, qui voit de notre époque les travers qu'elle a effectivement.  
Et si l'analyse est bonne, la solution n'est peut-être pas le silence!
Sa relation avec Laura m'a en revanche un peu agacée. 
(ou alors c'est Laura que je n'ai pas aimé!).
Un peu fastidieux à lire, mais enrichissant.
Le dénouement est surprenant et nous éclaire sur cette fratrie (Anièce, François et Serge Horowitz)  plutôt atypique!

Mon petit plus:

J'ai trouvé super qu'un homme aphasique dise dès qu'il parle uniquement la vérité!

dimanche 22 septembre 2019

Surface d'Olivier NOREK


Quatrième de couverture:

Ici, personne ne veut plus 
de cette capitaine de police. 
Là-bas, personne ne veut 
de son enquête.

Mon avis:

J'ai été envoutée par ce roman. 
J'ai aimé Noémie Chastain, brisée dès le début du roman. 
Elle, le bon flic, rejetée par son amant, par ses supérieurs
parce qu'elle n'a plus la "bonne" tête.
Elle qu'on a voulu mettre au placard, pour ne plus la regarder.
Elle va devoir se reconstruire…
Elle sera aidée par Melchior, un psy très particulier.

Et puis, il y a l'enquète, un "cold case",
ces enfants disparus il y a vingt-cinq ans,
deux garçons, une fille. 
Noémie, No, c'est quand même un bon flic!

Mon petit plus:

Il y a l'Aveyron, et si Avalone n'existe pas, 
il y a des noms qui chantent, 
qui me sont familiers, comme une douce musique,
comme une douce idée du bonheur de vivre.

J'ai beaucoup aimé "Entre deux mondes" du même auteur.

vendredi 20 septembre 2019

Toutes ces choses qu'on n'a jamais faites de Kristan HIGGINS


Quatrième de couverture:

Se faire offrir un verre par un bel inconnu
Rentrer un T-shirt dans un pantalon
Manger un dessert en public…

À dix-huit ans, Emerson, Georgia et Marley ont rédigé une liste des choses à faire quand elles seraient minces, dans l'espoir qu'un jour elles parviendraient à perdre du poids et pourraient enfin commencer à profiter de la vie.
Seize ans plus tard, leurs kilos sont toujours là.
Mais, lorsque Emerson, tombée gravement malade, remet la fameuse liste à ses deux meilleures amies et leur fait promettre de relever tous les défis, les deux jeunes femmes n'ont pas d'autre choix que de surmonter une fois pour toutes leurs peurs et leurs complexes.

Munies de leur "to-do list" elles sont prêtes à tout oser!

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Alexandra Herscovici-Schiller.

Mon avis:

C'est sans doute leur meilleur souvenir, ce camp d'ados où nos trois jeunes filles vont écrire la liste des choses qu'elles feront quand elles seront minces!
La vie est passée, les kilos parfois perdus sont souvent revenus…
Emerson avant de mourir demande à Georgia et Marley de réaliser "la liste", "leur liste".
Beaucoup de thèmes sont abordés. 
Le rejet de Georgia par sa mère est celui qui m'a parue le plus dramatique… 
Heureusement, il y a Mason, cet enfant mal aimé par son père, ce neveu qu'elle va aider, et qui l'aide  en lui offrant tout son amour.
Tout paraîtrait plus simple pour Marley, s'il n'y avait ce deuil impossible… Cette jumelle trop fragile, trop tôt partie.
Le regard des autres ! Mais aussi et surtout son propre regard sur soi !
Alors…et la liste:"Toutes ces choses qu'on va essayer de faire" !!! 
Quel bon moment de lecture !

Mon petit plus:

C'est un roman que j'ai beaucoup aimé. 
On a tous des rêves au fond de nos coeurs, des désirs qu'on n'a pas réalisés. 
Cette vie que nous voulions n'est pas celle que nous vivons.
Ce n'est pas qu'une question de poids !
C'est le regard de notre famille qui très souvent nous empêche d'avancer, rester dans les clous, respecter la norme… 
Ne pas grossir, mais si tu ne grossis pas, alors tu es trop maigre…

mercredi 11 septembre 2019

Naissance d'Isabelle VILLAIN


Présentation de l'éditeur:

1911, Émile Chapuis, un jeune restaurateur, se prend d'affection pour un artiste sans le sou. Il accepte une peinture en échange de quelques repas chauds. Cet artiste s'appelle Marc Chagall.
1950, Émile Chapuis est retrouvé assassiné chez lui. La toile de Chagall a disparu. La police pense immédiatement à un cambriolage qui aurait mal tourné.
Mais la réalité est bien différente. Sordide et cruelle.


Mon avis:

Elle va très vite cette histoire.
Un Chagall inconnu en 1911, un double assassinat en 1950.
Une époque et un milieu parisien agréable.
Une lecture rapide et intéressante.
Aujourd'hui sans doute, les progrès de la science rendrait la chute improbable.

Mon petit plus:
D'Isabelle villain, j'ai beaucoup aimé
"Mauvais genre"

Merci aux éditions Taurnada pour ce cadeau!

mardi 10 septembre 2019

L'Étrange Affaire de pantalon de Dassoukine de Fouad LAROUI


Quatrième de couverture:

Un haut fonctionnaire marocain, envoyé à Bruxelles, se retrouve mortifié quand son unique pantalon lui est dérobé. C'est sanglé dans une défroque digne de celle d'un clown qu'il se présente devant la Commission européenne...
Un jeune homme faisant une demande de passeport s'aperçoit que, pour l'administration, son village natal n'existe pas. Par conséquent, n'étant jamais né, il est inconnu au bataillon...
Avec un humour décapant et un rythme endiablé, Fouad Laroui nous conduit à l'irrépressible éclat de rire devant l'absurdité de la condition humaine.


Mon avis:

Avec ce recueil de nouvelles, j'ai découvert Fouad Laroui.
J'ai aimé cet univers un peu décalé.
Certaines histoires, non toutes, sont déjantées, amusantes.
Ce sont des gens qui se parlent, en ne s'écoutent pas toujours!
"Le pantalon de Dassoukine": un régal sur l'absurdité et l'importance qu'on peut donner aux apparences!
"Dislocation": Superbe chute
"L'invention de la natation sèche" un petit bijou…
Ce sont les trois que j'ai préférées, mais là encore, en y réfléchissant bien…un autre jour, une autre fois, je pourrais penser différemment!

Mon petit plus:

La nouvelle est une forme littéraire que j'aime bien,
un façon agréable de découvrir parfois un auteur,
ou de retrouver ceux qu'on aime! 

dimanche 8 septembre 2019

Tous tes enfants dispersés de Beata UMUBYEYI MAIRESSE


Quatrième de couverture 

Peut-on réparer l'irréparable, rassemble ceux que l'histoire a dispersés ? Blanche, rwandaise, vit à Bordeaux après avoir fui le génocide des Tutsi de 1994. Elle a construit sa vie en France, avec son mari et son enfant métis Stokely. Mais après des années d'exil, quand Blanche rend visite à sa mère Immaculata, la mémoire douloureuse refait surface. Celle qui est restée et celle qui est partie pourront-elles se parler, se pardonner, s'aimer de nouveau ? Stokely, lui, pris entre deux pays, veut comprendre d'où il vient. 
Ode aux mères persévérantes, à la transmission, à la pulsion de vie qui anime chacun d'entre nous, "Tous tes enfants dispersés" porte les voix de trois générations tentant de renouer des liens brisés et de trouver leur place dans le monde d'aujourd'hui. Ce premier roman fait preuve d'une sensibilité impressionnante et signe la naissance d'une voix importante.

Mon avis:

J'ai retrouvé dans ce roman le style, l'écriture que j'avais tant aimé dans "Ejo". Je n'ai pas le réflexe de noter au fur et à mesure les phrases que j'aime quand je lis, mais c'est souvent très poétique.
Pourtant le sujet n'est pas facile…
Fuyant sur les conseils de sa mère, le Rwanda, Blanche, métisse, se retrouve à Bordeaux.
Elle y fera sa vie, mais semble perdre sa mère "Immaculatta", restée au pays et que le génocide a miraculeusement épargnée…ou moins abîmée que d'autres.
Immaculatta semble figée avec ce fils perdu, ce Bosco parti se battre. Quelques soient les guerres, on n'en revient jamais indemne, et Bosco est resté souffrance.
Stokely a un rôle très important. Il est ce lien que Bosco aurait pu briser entre Blanche et Immaculatta. Il est le futur, l'espoir, et le passé aussi dans l'histoire qu'il a reçue et saura transmettre.
C'est une approche très intéressante du génocide, mais aussi de la colonisation, de ses erreurs et du poids qu'elle a (ou avait) sur les peuples.

J'ai reçu ce livre comme un cadeau. 
Il est arrivé sans explication en juillet dans ma boîte aux lettres.
Merci donc aux éditions "Autrement" pour cet envoi.

Mon petit plus:

Il est arrivé que parfois je croise Beata chez ma fille. Je n'ai pas la prétention de dire que je la connais,   mais j'ai eu le plaisir de parler un peu avec elle. 
J'avais eu la chance de lire une épreuve de ce roman en 2018. 
Son titre était alors "Jacaranda".  
 Mon avis sur 
 EJO

mercredi 4 septembre 2019

Lésions intimes de Christophe ROYER



Présentation de l'éditeur 

Nathalie Lesage, capitaine au caractère bien trempé, travaille au sein de la brigade de répression du proxénétisme. Une des branches de l'organisation « Gorgona », spécialisée dans un certain genre de soirées parisiennes, va l’amener à côtoyer un milieu où règnent la perversion et les pratiques extrêmes.
Victime d’un banal accident, son enquête va prendre une tournure inattendue. Dans le même temps, le décès de son frère va l’obliger à renouer avec son passé.
Tout va alors se mélanger et entraîner Nathalie vers l’inimaginable…


Mon avis:

J'ai été captivée par le prologue au titre tentant "Mise en bouche" . La description de la scène, la posture de Pascal et son questionnement, cette supériorité qu'il affiche alors même qu'il est nu et attaché… et cette Cassandra, qui n'attendrai qu'un geste de lui…lui, "machine à jouir". Ce qui peut se passer dans la tête d'un homme. (J'ai adoré le plumeau et la façon dont Cassandra s'en sert).

Joseph Mendes, alias Pascal Duroi est entre les mains de Michèle Chouli.

On va suivre l'enquète menée par Nathalie Lesage. Très vite Nathalie va être accompagnée par Stéphy, une très jeune fille qui communique par "télépathie". Stéphy semble être dans la tête de Nathalie.
Le prologue n'est pas anodin, et très vite on comprend que Nathalie a "oublié" des évènements traumatisant de son enfance. 

J'ai trouvé très interessant de plonger ainsi dans la tête d'une victime de pédophilie… le refus de la réalité, l'oubli…puis enfin la résilience. 

Mon petit plus: 

Comment puis-je prendre plaisir à lire la torture d'un homme. 
Quelque part je dois être perverse!

Merci aux éditions Taurnada et à Joël Maïssa pour ce partenariat.