mercredi 19 septembre 2018

LIU XIA Lettres à une femme interdite de Catherine BLANJEAN


Quatrième de couverture

Préface de Liao Yiwu.
Depuis que le prix Nobel de la paix a été décerné en 2010 à son époux Liu Xiaobo, Liu Xia, poétesse et photographe chinoise, est assignée à résidence, soumise à un étroit contrôle policier. Son seul « crime » : s’être proposée pour représenter son mari emprisonné lors de la remise du prix. Liu Xiaobo est mort en juillet 2017, des suites d’une longue maladie. Liu Xia, elle, n’a toujours pas retrouvé sa liberté et, depuis, on est presque sans nouvelles d’elle. 

Quand elle a appris le sort fait à Liu Xia, Catherine Blanjean a entrepris de lui écrire des lettres dont elle savait pourtant qu’elles ne pourraient jamais lui parvenir. Pour tenter de comprendre ce qui la fait tenir au bord du gouffre, et pour pénétrer l’intensité de son amour pour Liu Xiaobo. Catherine Blanjean est alors allée à la rencontre des rares personnes capables d’évoquer Liu Xia ; elle s’est aussi plongée dans des textes qui parlent de la Chine et de son régime. Il en ressort le portrait bouleversant d’une femme « interdite ». 

Ce livre est le journal de cette correspondance à sens unique. Une découverte par l’intime de ce que signifie cette terrifiante « réduction au silence ». Le cri d’une femme pour une femme. Et pour l’humanité. 

Mon avis

C'est un choix peu banal que celui de Catherine Blanjean; écrire à une inconnue qui peut-être ne recevra et ne lira jamais ses lettres. 
J'ai aimé l'idée, par une correspondance, faire connaître Liu Xia. Parler d'elle pour que cette poétesse et photographe, vivant en résidence surveillée juste parce qu'elle est l'épouse de Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix en 2010, ne tombe pas dans l'oubli, dans l'indifférence.
J'ai aimé ces lettres, toutes simples. 
J'ai aimé suivre l'auteur dans cette quête de Liu Xia, découvrant au fil des pages ses poèmes, ses photographies. Son caractère aussi, en rencontrant les amis de la poétesse et du couple qu'elle formait avec Liu Xiaobo.
Une belle lecture, une jolie rencontre!

Mon petit plus: 

Liu Xiaobo, prix Nobel de la Paix 2010  est décédé des suites d'un cancer le 13 juillet 2017, après plus de huit ans de détention.
Liu Xia, la veuve du prix Nobel de la paix et dissident chinois était placée sous résidence surveillée depuis huit ans, sans avoir été jugée.
Le 10 juillet 2018 Liu Xia, la veuve de Liu Xiaobo a quitté la Chine.


Catherine Blanjean, musicienne et comédienne, dirige un lieu culturel dans la campagne wallonne.

Le livre est publié en mai 2018.
J'espère de tout coeur que Liu enfin libre a lu les lettres de Catherine, qu'elles se sont rencontrées.
Peut-être même deviendront-elles amies.

samedi 8 septembre 2018

Une colonne de feu de Ken FOLLETT


Quatrième de couverture:

Noël 1558, le jeune Ned Willard rentre à Kingsbridge : le monde qu'il connaissait va changer à tout jamais... Les pierres patinées de la cathédrale dominent une ville déchirée par la haine religieuse et Ned se retrouve dans le camp adverse de celle qu'il voulait épouser, Margery Fitzgerald.

L'accession d'Élisabeth Ire au trône met le feu à toute l'Europe. Les complots pour destituer la jeune souveraine se multiplient, notamment en France ou la séduisante Marie Stuart – considérée comme l'héritière légitime du royaume anglais et issue de la redoutable famille française de Guise – attend son heure. Pour déjouer ces machinations, Élisabeth constitue les premiers services secrets du pays et Ned devient l'un des espions de la reine. À Paris, il fait la connaissance de la libraire protestante Sylvie Palot dont le courage ne le laisse pas indifférent


Dans ce demi-siècle agité par le fanatisme qui répand la violence depuis Séville jusqu'à Genève, les pires ennemis ne sont cependant pas les religions rivales. La véritable bataille oppose les adeptes de la tolérance aux tyrans décidés à imposer leurs idées à tous les autres – à n'importe quel prix.


Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Cécile Arnaud, Jean-Daniel Brèque, Odile Demange, Dominique Hass et Nathalie Gouyé-Guilbert.

Mon avis:

Nous allons suivre la longue vie de Ned Willard, de 1558 où tout jeune homme il tombe amoureux de Margery à 1620 où retraité et entouré des siens, il se souvient de sa vie.
Profondément blessé et ruiné par de clan catholique, Willard prendra fait et cause pour Elisabeth première.
Ken Follet nous raconte avec talent, de l'Espagne au Pays-bas, de France et d'Angleterre ces années où règne l'intolérance. 
J'ai trouvé son héros Ned (les siens et ses amis aussi) très (trop?) propre. Dans tous les domaines il excelle, et si ce n'est lui, c'est son frère…
À contrario, les "méchants" tels Pierre d' Aumande ou Rollo Fitzgerald, n'ont absolument rien d'humain.
(ou si peu, si peu de regrets ou remords!!).
Je suis restée cependant captivée par l'histoire, plus ou moins romancée, par les personnages plus ou moins réels, et très nombreux… Un grand moment de lecture.

Mon petit plus:

C'est ma quatrième lecture de cet auteur ICI.
C'est un écrivain que j'apprécie, j'ai aimé cette lecture que malheureusement je rapprocherai plus du roman que de l'histoire, même si les faits historiques cités sont tous exacts.
J'ai trouvé plus de rigueur et j'ai pris plus de plaisir en lisant "Les pilliers de la terre", ou encore "Un monde sans fin".

vendredi 31 août 2018

La flore et l'aphone de Guillaume GONZALES


Présentation de l'éditeur : 

Un étudiant lambda : colocation, amourettes, malbouffe et furtives incursions en amphi. Entre deux cessions de Ligue des champions avec les potes et le suivi de l'actualité comics, sans doute concédera-t-il envisager, dans le meilleur des cas, un avenir quelque part en thèse.
En attendant l'hypothétique voie royale, les ambitions du dilettante s'orienteront essentiellement sur l'inventaire des activités nocturnes et l'alimentation de la pompe à bière. Quel événement justifierait qu'il renonce au farniente perpétuel, avec l'indolence érigée en art de vivre ?


Pas moins qu'un enlèvement !


Au bout du compte, il se pourrait bien qu'il trouve son rôle dans un monde qu'il n'avait jusqu'alors abordé qu'en spectateur. Et lorsque ce monde, en proie à ses incohérences, se disloquera sous ses yeux, l'étudiant lambda ne se cantonnera plus à regarder


Mon avis
Pour autant que je puisse en juger, notre étudiant narrateur n'est pas tout à fait un étudiant "lambda".  Et s'il farniente et entre foot, bière, copains et drague, il poursuit des études de religion…projetant une thèse. Mais surtout, très surprenant, notre jeune homme est atteint de très violents et abondants saignements de nez. Ne l'a-t-on pas surnommé "le clown" à cause de son appendice très souvent rouge? Les violentes céphalées qui suivent ses hémorragies sont souvent sources de comas… d'hospitalisations.
Notre héros est donc électro-hyper-sensible (E.H.S.).
Quand brusquement, notre héros, ni riche, ni célèbre  est enlevé. C'est un véritable cataclysme, et pour lui, et pour nous. De passer d'une vie plutôt cool avec "Gros" et "Lucie" ses colocataires dans un appartement parisien à des tunnels… puis une grotte…
C'est le cahot, les droits de l'homme ne sont plus respectés… Enferment, prison, évasion… Où sont les méchants… qui sont les gentils… et cette théorie du complot…
J'ai eu parfois du mal à suivre la logique de l'auteur, me demandant s'il s'agissait d'un ouvrage politique dénonçant certains agissements sous couvert de fiction ou tout simplement un roman dérangeant.
L'auteur parle d'un sujet douloureux pour un peu moins de 10% de la population. L’Électro-Hyper-Sensibilité n'est pas toujours considérée comme une maladie. Elle représente un lourd handicap pour les personnes qui en sont atteintes. Des travaux scientifiques sont en cours, mais il semble désormais acquis que la population atteinte sera avec le temps et le développement des nouvelles technologies de plus en plus importante!

Je remercie Partage lecture et l'édition Kyklos pour ce partenariat.

Mon petit plus:
L’Électro-Hyper-Sensibilité (ou E. H. S.) est une pathologie émergente qui se manifeste par des perturbations physiologiques provoquées par une exposition aux ondes électromagnétiques. (Source EHS- ACTION).

mercredi 29 août 2018

Alma de Cizia ZYKË


Présentation de l'éditeur

Une petite fille aux étranges pouvoirs vient au monde. Autour d'elle, c'est l'Espagne du Moyen Âge, barbare autant que raffinée, à la fois religieuse et brutale, où la reine Isabelle la Catholique s'apprête à chasser tous les Juifs du royaume.
La petite Alma, celle qui parle avec Dieu, deviendra-t-elle le guide dont son peuple a besoin, ou bien sera-t-elle comme tant d'autres balayée par le vent mauvais de l'Histoire ?
L'épouvante se mêle au comique, les destins s'enchevêtrent, aussi grandioses que pitoyables, dans un récit haletant, à la force d'une légende.


Mon avis

Je n'ai pas eu l'impression de lire un roman, mais plutôt un conte, raconté par un baroudeur… Un baroudeur qui voudrait bien nous dire une histoire, qui comme tous les contes finit bien… une histoire où les méchants sont punis et où les gentils vivent heureux et longtemps…
Notre conteur va bientôt mourir… Il le sait et le dit sans fioriture… Il voudrait se faire passer pour un dur de dur, un dur à cuire… mais voilà, c'est aussi un homme, juste un homme qu'un sourire de petite fille aux yeux d'ange peut émouvoir aux larmes!
Et s'il va bientôt rencontrer le créateur, il a des choses à lui dire… Peut-être lui parler de ces injustices liées aux religions, de ces crimes commis au non de Dieu… au moyen-âge, parce qu'ensuite, la lumière sera… (éteinte?)
J'ai aimé cette façon de raconter une histoire, cette façon dont l'auteur nous entraîne, malgré nous à sa suite. J'ai aimé les personnages, et si parfois l'histoire devient lourde et pesante, elle est allégée par le conteur qui brusquement nous parle et nous ramène dans notre siècle.
Rien de sordide, et pourtant de l'horreur. Mais juste un conte humain, à hauteur d'homme, sans fée!

Merci aux éditions Taurnada et à Joël Maïssa pour ce partenariat.


Mon petit plus:  

J'ai pris plaisir à découvrir cet auteur que je ne connaissais qu'à travers Thierry Poncet, son ami, son secrétaire. Une écriture originale.
La préface est de Thierry Poncet (Mes lectures ICI )
Vous pouvez découvrir cet auteur grâce à son blog ICI

mardi 21 août 2018

Entrez dans la danse de Jean TEULÉ


Quatrième de couverture

Une étrange épidémie a eu lieu dernièrement
Et s'est répandue dans Strasbourg
De telle sorte que, dans leur folie,
Beaucoup se mirent à danser
Et ne cessèrent jour et nuit, pendant deux mois
Sans interruption,
Jusqu'à tomber inconscients.
Beaucoup sont morts.


                              "Chronique alsacienne, 1519"

Mon avis

C'est une histoire qui semblait oubliée au fin fond des chroniques alsaciennes… Tombée dans l'oubli ou volontairement perdue hors de notre mémoire collective. 
Cruel, dur, sans compassion… 
La pauvreté, la faim qui changent l'être humain en monstre. 
Est-ce le remord, la peur, le désespoir qui transforment les strasbourgeois en danseurs… 
Il y a les édiles, le maire et ses adjoints, les médecins et astronomes qui essaient de comprendre, d'aider… mais qui jamais n'ont rien trouvé de comparable dans leurs études… 
Et puis il y a le clergé… qui préfère punir et condamner. 

C'est Teulé tel que je le connais… des faits, de l'humour -noir- 

Je dirai simplement , parfois choquant, parfois ironisant, Teulé chronique avec un ton et des mots d'aujourd'hui un fait historique.

Ma petite anecdote:

Et je n'ai pas pu m'empêcher de fredonner (suis-je à ce point insensible ou "teulésifiée"?)
"Entrez dans la danse, voyez comme on danse,
Sautez, dansez, embrassez qui vous voudrez."

Jean Teulé n'est pas un inconnu pour moi, mes lectures ICI
J'aime bien le retrouver au détour de mes lectures et faire avec lui un petit bout de chemin (souvent vers le passé!).

Ce livre m' a été offert par ma fille et ma petite fille pour mon anniversaire.
Merci Laurence, merci Lisa.

lundi 20 août 2018

Bel-Ami de Guy de MAUPASSANT



Présentation de L'ouvrage 

Georges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d'une rencontre le met sur la voie de l'ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l'intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l'initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu'il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu'il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, œuvrent dans l'ombre. La presse, la politique, la finance s'entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l'érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l'angoisse que chacun porte au fond de lui-même.

Mon avis: (rédigé le 22 juillet 2018)

Bel-ami est publié en 1885!
Et je l'ai trouvé tellement contemporain. Rien au cours des siècles ne semblent changer et des intrigues des empereurs romains, des monarques de tous pays et des révolutions, il est une constante; la nature humaine! 
Il n'y a rien à dire, l'écriture de Maupassant est une vraie merveille…
J'aime son style, les histoires qu'il conte, ses personnages, même antipathiques sont hors normes, hors du commun et pourtant tellement vrais, tellement réalistes.
Duroy est ce qu'il y a de pire dans l'humanité, odieux, cynique, arriviste… oui, un être humain dans toute sa malignité. Séducteur, il se sert des femmes pour avancer. 
J'aurai aimé une troisième partie, où Madame Forestier aurait vengé toutes les humiliations…Mais Maupassant s'il n'en écrit rien, laisse une porte s'entrebâiller… 

Mon petit plus:

J'aime Maupassant (mes différentes lectures ICI).
C'est donc avec plaisir que j'ai accepté de lire cet ouvrage en lecture commune avec ma fille et mon petit-fils, Théo.
Pour son entrée en seconde il doit lire cet ouvrage et "Un fils en or" de Gowda.
J'attend donc avec impatience ce que Théo et ma fille auront retenu de leurs lectures.

vendredi 10 août 2018

Crin-Blanc de René GUILLOT


Quatrième de couverture:

Au cœur de la Camargue, Folco, le petit pêcheur, 
et Crin-blanc, un jeune poulain sauvage, 
nouent une amitié forte et bouleversante. 
Mais des voleurs de chevaux rôdent nuit 
et jour et convoitent Crin-Blanc. 
Dès lors, Folco n'aura qu'une idée en tête : 
préserver la liberté de son ami, 
et le protéger du danger 
que représentent les hommes.

Mon avis:

J'ai pris énormément de plaisir à redécouvrir ce court récit. L'histoire est simple et peut captiver de jeunes (ou moins jeunes!) lecteurs… 
C'est au coeur de cette Camargue d'autrefois où pour notre jeune héros la vie est rythmée par la pèche, puis par les hordes de chevaux, les manades que se passe ce roman. Folco voudrait devenir gardian, alors que son grand-père le voudrait pêcheur.
C'est une très belle histoire d'amour entre un cheval et un petit garçon. 
C'est simple, c'est pur, c'est beau!
Un joli moment de lecture, un joli moment de rêve, un joli retour en enfance! 

Mon petit plus:

À l'origine "Crin-Blanc" est un film français d'Albert Lamorisse, tourné en 1952 et sorti en 1953.
Denys Colomb de Daunant écrivain, poète, photographe, cinéaste et manadier est le coscénariste du film. Crin-Blanc fut tourné au milieu des étangs de Camargue, avec ses chevaux et ses gardians.
Une lecture partagée avec Lisa!