mercredi 25 janvier 2023

L'archipel des oubliés de Nicolas BEUGLET

Sarah Geringën, l'inspectrice norvégienne vient chercher Grace Campbell, notre inspectrice écossaise.

Malgré un bras dans le plâtre, Grace Campbell suit Sarah Géringën, elles doivent combattre ensemble le mal incarné par « le passager » et l’« Olympe ».
Réunissant ses deux combattantes, Nicolas Beuglet pouvait à loisir leur donner des airs de « Wonder Voman »
L’intérêt des romans de Beuglet, c’est d’y trouver les travers de notre société.

L’Olympe cherche à uniformiser la pensée humaine, quand on veut niveler, c’est toujours par le bas.
L’auteur dénonce des faits de sociétés. Il nous incite ainsi à rester vigilants, d’autant plus que les médias ne sont que très rarement indépendants.
Ce qui m’intéresse lorsque je lis cet auteur, c’est le regard porté sur les maux de notre époque, d’en montrer les dérives possibles.
Mais il parait s’amuser aussi en donnant à ses héroïnes une force et une forme hors du commun, qui parfois m’ont fait sourire.
L’essentiel est tout de même que nous devons rester maitre de nos pensées, ne pas avancer bêtement, apprendre à décoder les informations, ne pas se contenter d’un seul point de vue… enfin tout simplement garder notre libre arbitre.

Quatrième de couverture

Cette histoire vous fera douter de tout...

Les inspectrices Grace Campbell et Sarah Geringën le savent. Malgré leurs caractères opposés, elles doivent unir leurs forces pour neutraliser l'" homme sans visage ", l'architecte du plan diabolique qui mènera l'humanité à sa perte.

Seule piste : un manoir égaré dans les brumes d'Écosse. Derrière les volets clos de la demeure, l'ombre d'une jeune veuve austère, en apparence innocente. Mais cette femme est-elle vraiment ce qu'elle prétend être ? Ce que les deux inspectrices découvrent dépasse leurs pires hypothèses.

Dans une course qui les entraîne du loch Ness à la Norvège, Grace et Sarah vont devoir repousser les frontières de la peur pour rejoindre l'énigmatique archipel des Oubliés – l'ultime rempart au chaos du monde.

Nicolas Beuglet
Dessin source 
Top livre
9 décembre 2022


Mes lectures de Nicolas Beuglet

dimanche 22 janvier 2023

Changer l'eau des fleurs de Valérie PERRIN

J’ai tout de suite aimé Violette. Sans doute en partie grâce à sa venue au monde si triste, ranimée parce qu’oubliée sur un radiateur. L’auteur nous a épargné tous les drames liés à l’enfance et à l’adolescence dans des foyers. Elle a su se construire sans trop de dégâts.
Elle a rencontré l’amour, celui qui envoute, vole puis brise, mais elle rebondit. L’homme lui a donné une merveille, il lui a fait ce magnifique cadeau qu’est la maternité.

J’ai trouvé que Valérie Perrin abordait avec délicatesse un sujet douloureux. La mort qui semble être la pire de toute, celle d’un enfant qui meurt avant ses parents.

Le roman n’est ni triste, ni larmoyant. Un cimetière n’est pas un lieu commun, j’ai aimé accompagner ma grand-mère voir sa petite fille, cette tombe qui au printemps se couvrait de muguet. J’ai gardé longtemps se plaisir de déambuler dans les allées des cimetières, lisant les épitaphes, triste d’y voir des gens qui n’ont jamais vieilli…

Ce roman est un cadeau de ma fille !
Merci Laurence, j’ai passé un très beau moment avec Violette.

Quatrième de couverture :

Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se confier et se réchauffer dans sa loge. Avec la petite équipe de fossoyeurs et le jeune curé, elle forme une famille décalée. Mais quels événements ont mené Violette dans cet univers où le tragique et le cocasse s’entremêlent ?

Valerie Perrin
Photo source 
Polars Pourpres 2020


Mes lectures de Valerie Perrin

mardi 17 janvier 2023

Kafka sur le rivage d' Haruki MURAKAMI

Kafka Tamura fugue. Mais à 15 ans, c’est un jeune homme très seul, élevé par un père artiste (sculpteur) qui n’hésite hélas pas à lui parler de « prophétie ». Alors cette petite voix « le corbeau » qu’il entend et me fait parfois penser à un peu de schizophrénie, il va la suivre…et fuguer.

Nakata est un vieil homme, qui semble « vide », il est tellement seul, isolé intellectuellement à la suite d’un accident. Il ne sait plus lire, il vit d’une toute petite allocation. Lui aussi fugue en quelque sorte.

Nous allons alterner notre lecture, suivant à tour de rôle nos deux héros. Vivre avec eux de jolies rencontres, ou parfois des rencontres moins agréables.

Je ne sais pas trop comment classer ce roman. Fantastique ? Sans doute oui.

J’ai pris plus de plaisir à suivre Nakata et à travers lui Hoshino, ce jeune homme qui sortira grandi de cette aventure.
J'ai moins apprécié celle de Kafka. 

Quatrième de couverture:

Si tu te souviens de moi, 
cela m'est égal que tous les autres m'oublient.
Traduit du japonais par Corinne Atlan.

Le prix mondial Cino-Del-Duca est un prix français récompensant un auteur « dont l’œuvre constitue, sous forme scientifique ou littéraire, un message d’humanisme ». Il porte le nom de Cino Del Duca, résistant, éditeur et patron de presse italien, et a été créé par sa femme Simone Del Duca en 1969.

Le Prix mondial Cino Del Duca 2022 décerné à Haruki Murakami.

Caricature source 
Bernat Muntés
Domestika


lundi 9 janvier 2023

Plus on est de fous plus on s'aime de Jacky DURAND

Roger et Joseph ont été amis d’enfance, puis la vie les a séparés. Roger, après un séjour dans l’armée, puis un passage en prison, est rendu à la vie civile et redécouvre la liberté. Il rejoint Joseph, brillant avocat, qui a tout abandonné pour vivre dans une petite maison, au milieu d’une forêt.
Lorsque l’enfant parait…Ils décident de le garder… Et comme personne ne semble le chercher, ils décident de l’aimer.
Ils ont très vite fait de réapprendre les gestes de la paternité.

C’est un roman plein de tendresses, plein de bons petits plats, plein de récoltes champêtres. Le respect des différences, l’amour du travail bien fait. Tous les personnages sont plus ou moins « fracassés » par la vie. Leur vécu n’est pas tendre, et pourtant ils donnent le meilleur d’eux même. 
L'amitié est au coeur de ce roman. 

C’est une bouffée de bonheur que ce petit roman, une bouffée d’air pur.

Quatrième de couverture : 

Un soir, sur une aire d’autoroute qui sent bon les taillis, Roger l’ancien taulard  et Joseph le Parisien bourgeois repenti s’installent pour casser la croûte à l’arrière de leur vieux Volvo F89. Soudain, une voiture s'arrête et dépose un panier en osier avant de disparaître. Roger s’approche et découvre avec stupeur un bébé endormi.
Ces eux amis d'enfance un peu paumé vivent dans une maison forestière au milieu des sapins, sans aucun confort moderne. Pourtant, contre toute attente et dans la plus parfaite illégalité, ils décident de garder le bébé.

Jacky Durand
Photo source Babelio


Mes lectures de Jacky Durand

samedi 7 janvier 2023

Sur un arbre perché de Gérard SARYAN

Rocambolesque, c’est le qualificatif qui me vient à l’esprit après la lecture de cet ouvrage. 
Quand la vie d’Alice bascule, la nôtre s’arrête. Rien d’autre à faire, aucun intérêt à rien, sinon lire ce roman pour suivre toutes les péripéties de cette héroïne hors du commun, plutôt sympathique, jolie et tellement attachante. Jeune styliste, rien ne semblait la destiner à devenir une détective hors norme, mettant un talent qu’elle-même ignorait pour découvrir ce qui se trame autour d’elle, et retrouver ce petit garçon qu’elle aime comme un fils.
Elle a cependant une grande qualité, elle sait grimper aux arbres. Et une fois perchée à la cime, elle peut méditer et voir du haut de son refuge ce monde parfois si cruel.
Quelle ardeur pour découvrir où est Dimitri, son beau-fils.
Parfois on la découvre un peu naïve, ou trop crédule. Parfois on a envie de l’aider, mais telle une super héroïne, elle bouscule les codes pour rebondir. On la croit morte, on la retrouve aimée. On la croit en danger, elle est protégée !

J’ai trouvé beaucoup de talent dans l’écriture de Gérard Saryan. Il nous promène avec art, nous donnant des indices, nous présentant des personnages dont on se demande ce qu’ils ont à faire dans l’histoire, puis tout devient clair. L’auteur joue au chat et à la souris avec le lecteur.

Un très agréable moment de lecture. 

Merci aux éditions Taurnada et à Joël Maïssa pour ce partenariat.


Gérard Saryan
Photo source Taurnada Éditions

Présentation de l'éditeur :

Une seule seconde d'inattention et la vie d'Alice bascule : Dimitri, 4 ans, le fils de son compagnon, échappe à sa vigilance.
En panique, la jeune femme part à sa recherche, mais elle est victime d'un grave accident. À son réveil, elle doit se rendre à l'évidence : l'enfant a été kidnappé.
Rejetée de tous et rongée par la culpabilité, la « belle-mère négligente » n'a désormais qu'une obsession : retrouver Dimitri, coûte que coûte. Ignorant alors tous les dangers…
Sans le soupçonner un instant, Alice va se précipiter au centre d'une toile tissée par la pire des trahisons.

vendredi 6 janvier 2023

En attendant Eden d' Elliot ACKERMAN

Tant de sujets évoqués dans ce roman, si triste, trop triste et quasi inoubliable. L’amitié, le pardon, l’euthanasie.

Ils étaient deux amis, en Irak. Ils ont sauté sur une mine, l’un est mort, il devient le narrateur, l’autre, Eden, devient le plus grand blessé de toutes les guerres. Alors, on le garde en vie, coûte que coûte ! Au point même d’oublier ce jeune soldat, qu’on aurait pu soigner et qui meurt !
Mary avait tout fait pourtant pour garder son homme, pour qu’il ne parte pas en mission ! Même un enfant, cette petite Andy.
Elle ne s’occupe que de son homme, attendant un signe, un geste et garde espoir. Cet homme n’est plus qu’une ombre, un corps brulé, presque un squelette tant il est maigre…et ce souffle de vie.
Elle pourrait s’échapper Mary, élever sa fille dignement. Elle pourrait continuer sa vie, elle est professeur de Yoga, elle pourrait mais une force irrésistible l’attache à Eden, la culpabilité peut-être ?

C’est un livre très bien écrit, une lecture monocorde, sans lyrisme mais intense. Des choix qu’on souhaite n’avoir jamais à faire. L’auteur s’est sans doute inspiré de son propre vécu de soldat effectuant des missions en Afghanistan et en Irak. Le ton est très juste. Une lecture qui bouleverse l’âme.

Je remercie Partage lecture et les éditions Gallmeister pour ce partenariat.

Elliot Ackerman
Photo source Booknode.

Quatrième de couverture :

Mary veille sur son mari Eden tous les jours depuis trois ans. Mutilé en Irak, il est cloué sur un lit d’hôpital, emmuré dans son corps. Leur fille Andy grandit dans cette chambre, entre un père coincé entre la vie et la mort et une mère qui espère malgré tout. Un jour de Noël, Eden semble soudainement réagir aux signaux du monde extérieur. Mary est persuadée qu’elle seule peut interpréter les paroles silencieuses de son mari et décider de son destin. Cependant, certains secrets de leur mariage resurgissent, et elle devra y faire face.
Traduit de l' américain par Jacques Mailhos.

dimanche 1 janvier 2023

La théorie nuages de Stéphane AUDEGUY

Regarder les nuages, les voir évoluer et peu à peu se transformer sont toujours des instants hors du temps, des moments de rêves.

Je reste perplexe et je me demande comment rédiger ma chronique. Si le roman est bien écrit, je lui ai trouvé aussi un coté misogyne. Beaucoup des références scientifiques plutôt intéressantes, mais parfois trop « alambiquées ».

Publié en 2005, "La théorie des nuages", est le premier roman de Stéphane Audeguy. Il obtient le prix du style, le prix Maurice Genevoix de l'Académie française et le Prix littéraire Québec-France Marie-Claire-Blais.

Quatrième de couverture : 

" Il est question de nuages et Virginie Latour commence à comprendre. Elle comprend qu'au début du dix-neuvième siècle quelques hommes anonymes et muets, disséminés dans toute l'Europe, ont levé les yeux vers le ciel. Ils ont regardé les nuages avec attention, avec respect même ; et, avec une sorte de piété tranquille, ils les ont aimés. " 

Akira Kumo est un couturier japonais. Il collectionne les livres consacrés aux nuages. Pour classer sa bibliothèque, il engage Virginie Latour, une jeune femme, à qui il raconte des histoires de chasseurs de nuages. Celle de Luke Howard qui inventa leurs noms, celle de Richard Abercrombie qui fit le tour du monde pour voir s'ils étaient partout identiques, d'autres encore, aussi surprenantes que le jeu des nuées.