mercredi 4 novembre 2026

Sulfure d' Estelle THARREAU

Quel plaisir de retrouver la plume d’ Estelle Tharreau!

Une petite fille s’égare et se noie…Manque de surveillance des parents? Une maman trop jolie et peut-être volage? Un homme à la voiture accidentée qui ignore la petite fille. Une femme cabossée par la vie qui vit seule dans une maison de verre, un mari qui parfois vient passer le week-end. La triste vie d’un village au bord d’un marais, pas ou peu de soleil… Un univers gris dont certains aimeraient s’extirper.
Des fantômes et des légendes, des avorteuses et un couvent de mauvaise réputation. Un couple qui semble protéger une enfant sans doute différente.

Tout l’univers d’Estelle Tharreau qui préfère s’éterniser sur le gris avant de passer du noir au blanc. Elle nous entraine à sa suite, nous montrant un bel homme malsain, une pauvre fille perdue dans ce village qui l’a vu grandir et qu’elle n’arrive pas à quitter.

C'est un vrai bonheur de lecture.

Merci aux éditions Taurnada et à Joël Maïssa pour ce partenariat.

Mes lectures d'Estelle Tharreau

Présentation de l'éditeur

La petite Emma disparaît dans les marais d'Obey. Après la découverte de son cadavre, l'enquête conclut à un accident.
Mais la présence sur les lieux d'une famille marginale et sulfureuse fait naître le doute et attise les fantasmes.
Dans une atmosphère suffocante, la rumeur et les thèses complotistes ne tardent pas à se répandre sur fond de réseaux sociaux.
La chasse aux sorcières est lancée. Les bûchers sont prêts à être rallumés.

dimanche 13 septembre 2026

Qui es-tu, Mary? de Christian PERNOUD

J’ai pris un réel plaisir en lisant ce roman.
C’est ma deuxième rencontre avec Christian Pernoud. 
 
C’est une belle histoire d’amour, de celles qu’on a envie de voir durer…d’autant que le narrateur Alan a 73 ans ! 
Ils sont jeunes, ils sont beaux. Elle arrive, toute pimpante et choisit le beau gosse du coin, celui que les filles convoitent. Sportif, capitaine d’équipe, il ne résiste pas longtemps aux charmes innocents de l’inconnue.
Elle disparaît, hélas…Et comme un corps est découvert, on a le coupable idéal!

C’est une histoire de trahison, d’amitiés suspectes, d’injustice. C’est une histoire où la fin est une surprise totale, où notre coeur s’est emballé, on a envie avec Alan de retrouver Mary.

Pour cette deuxième rencontre avec Christian Pernoud, j’ai retrouvé les qualités d’écriture et de style découvertes lors de la lecture de « Pour nous », roman lu en Octobre 2024.
On ressent le froid de cette petite station, et la chaleur du foyer.

Notre héros se souvient, il n’adoucit pas les trahisons, mais il n’amplifie pas non plus les liens amicaux sincères.

Un excellent moment de lecture! 
 
Je remercie les éditions Taurnada et Joël Maïssa pour ce partenariat.

Présentation de l'éditeur:

Les âmes pures cachent aussi des ténèbres.

Automne 1973, Lake George.
Alan mène une existence paisible à l’écart du monde.
Mary surgit dans sa vie. Elle vient d’un New York gangrené par la violence.
Une histoire naît. La leur.
Mais très vite, des zones d’ombre apparaissent.
Des incohérences. Des silences.
Lorsque Mary disparaît brutalement dans d’étranges circonstances, la vie d’Alan se transforme en cauchemar.
Qu’est-il arrivé à la femme de sa vie ?
Dès lors, il n’a plus qu’une idée en tête.
Découvrir la vérité. 

mercredi 9 septembre 2026

La solidarité des ébranlés de Beata UMUBYEYI MAIRESSE

Beata Umubyeyi Mairesse fait parti des écrivains dont j’attends les ouvrages. C’est toujours un plaisir de la retrouver au travers de son écriture 

Avec « La solidarité des ébranlés » elle nous propose un récit qui fait le lien entre son histoire personnelle, son engagement au côté d’Act-Up, l’histoire des luttes contre le SIDA en Afrique.

Une photo de Mandela et de Zackie Achmat et Beata se souvient…Les luttes pour un accès au soin, les luttes pour comprendre la maladie et protéger les populations trop mal informées. 

Cet ouvrage reflète une réalité brute, où seule l’union permet d’accéder à la réussite.
Une lecture riche dense qui permet de comprendre. 

Quatrième de couverture:

Tout part d'une photo de Nelson Mandela aux côtés de l'activiste sud-africain Zackie Achmat, vêtus de tee-shirts " HIV Positive ". Cette image renvoie la narratrice au souvenir d'une scène qui n'a pas été photographiée, deux décennies plus tôt, au Rwanda. Quelques mots prononcés au début des années 1980 ont suffi à faire basculer une vie.
Entre ces deux images, Beata Umubyeyi Mairesse déploie un récit puissant qui entremêle mémoires intimes, histoire et engagements militants. De l'enfance marquée par l'indicible à son entrée dans la lutte contre le sida au début des années 2000, l'autrice raconte comment la honte individuelle peut être retournée en colère, et devenir solidarité agissante.
À travers une enquête rigoureuse sur les combats pour l'accès aux traitements antirétroviraux menés en Afrique du Sud, en France et dans le monde,
La solidarité des ébranlés
rend hommage aux victoires collectives trop souvent oubliées. Un livre d`une grande force littéraire et politique, qui affirme la nécessité d`un " nous " face aux violences morales, sociales et historiques.

mardi 1 septembre 2026

Ainsi gèlent les bulles de savon de Marie VAREILLE

J’ai passé un bon moment en lisant ce roman.

Il traite des différents moments de la maternité. Le désir d’enfant, puis le grossesse et ces moments merveilleux où un être s’enrichit du corps et du coeur de sa mère, ne faisant qu’un avec elle. Puis, quand le bébé commence à bouger, le partage avec le père… Il raconte l’abandon et de désespoir aussi. Ce qui pousse certaines femmes à partir, à baisser les bras, alors que le coeur lui reste à jamais meurtri.

Ce désespoir de ne pas se sentir à la hauteur, cette fatigue que personne ne comprend et ce refus inconscient de se séparer de l’enfant…

J’ai fait un parallèle entre l’écriture d’un roman, son édition et la naissance d’un enfant.

J’ai reçu ce roman pour mon anniversaire. Merci Laurence!

Quatrième de couverture 

« Certains choix nous définissent à tout jamais, celui-ci en fait partie. À partir d’aujourd’hui, je peux bien écrire la neuvième symphonie, sauver le monde d’une troisième guerre mondiale ou inventer le vaccin contre le sida, on ne retiendra de moi que cet acte innommable. Puisses-tu un jour me pardonner.»

De Paris aux volcans ensoleillés d’Indonésie en passant par un petit campus américain à la frontière canadienne, de vibrants portraits de femmes aux destins entrecroisés se dessinent. Quel secret les unit ? Quelle est leur véritable histoire ?


vendredi 21 août 2026

Comme nous existons de Kaoutar HARCHI

Kaoutar Harchi nous raconte son enfance. Enfant unique d’un couple qui désire le meilleur pour leur fille. Ils veulent qu’elle s’intègre, qu’elle étudie, qu’elle "s’élève". Ils l’inscrivent dans un institut catholique, persuadés que les enseignants ne disent que la vérité.
Il y a un amour quasi fusionnel entre Kaoutar et Hania, sa mère.
Son enfance est heureuse. Bien sur elle découvrira ses différences, les remarques racistes, les réactions stupides liées aux apparences.
Elle aime écrire et à l’université intégrera un monde cosmopolite. Elle s’intéresse à la sociologie et deviendra chercheuse dans ce domaine.
Un livre bien écrit, malgré des moments passionnants et enrichissants, j’avoue être restée à coté de cette histoire.

Quatrième de couverture :

Ce récit retrace le cheminement sensible, intellectuel et politique d’une enfant de l’immigration post­coloniale, née dans l’Est de la France en 1987. L’autrice y revisite son passé, les événements et expériences qui ont constitué sa pensée d’aujourd’hui, formé son existence sociale.
Dans cette enquête intersectionnelle, Kaoutar Harchi, narratrice et personnage de ce livre, raconte ce que grandir dans les années 1990 veut dire pour elle, son quartier, cette enfance tendre mais laborieuse entourée de ses parents aimants. Mais aussi leur décision à eux, soudain, de mettre leur fille à l’abri d’un danger qu’ils ne nommeront jamais en l’inscrivant dans un collège catholique de l’autre côté de la ville. C’est là qu’un double chemin de vie s’offre à elle.
À la sortie du lycée, sans jamais tourner le dos aux siens et pour mieux les retrouver, Kaoutar Harchi se lance dans une formation d ’intellectuelle critique. Celle qui va lui permettre de décrire aujourd’hui, dans ce texte nécessaire mû par un désir de justice et d’égalité, les rapports de pouvoir de classe, de genre et de race, qui marquent durablement les existences.

dimanche 16 août 2026

Entretien avec le chaos de David BELO


J’ai passé un bon moment en lisant ce roman. Je n'ai jamais regardé Dexter, et j’ai peu vu, mais quand même, je connais « Les femmes au foyer désespérées » (merci à ma fille qui m’a gentiment traduit le titre). J’ai bien aimé ce club des divorcées, dont une est veuve.

Elles se retrouvent pour jouer au tarot, une excuse (pas celle du jeu!) pour papoter, elles surveillent aussi les arrivées des touristes. Elles ont des vies, des secrets, des désespoirs et des rêves. Elles se soutiennent aussi quand la vie leur joue des mauvais tours.

Cette lecture, même si elle commence par un accident, m’a parue nettement moins noire que mes précédentes lectures de l’auteur.
Avec Charlotte, Belo nous parle de la différence, du handicap et du harcèlement. (C’est la langue des signes, pas le langage!!!).

Puis arrivent les étrangers, les inconnus s’est toujours un peu le rêve d’évasion, l’espoir d’un ailleurs. Il y a bien un cavalier noir… un héritage sordide… des adolescents dangereux et stupides. Il y a deux clans d’ados qui sont incompatibles.

J’ai aimé le sourire vers lequel Davis Belo nous emmène.

Merci aux éditions Taurnada et à Joël Maïssa pour ce partenariat.

Présentation de l'éditeur 

Et si l'univers de « Dexter » rencontrait celui de « Desperate Housewives » !

Bienvenue à Hossegor, dans un charmant petit quartier du bord de mer. Entre plages de sable fin, villas somptueuses et pins des Landes majestueux, ses habitants y vivent dans la bienveillance et la tranquillité.
L'arrivée inopinée d'une famille énigmatique va bousculer leurs habitudes. Amanda, Carole, Sylvie et Arlette vont apprendre à leurs dépens qu'il n'est pas toujours bon de fouiner dans la vie de ses voisins. Surtout lorsque ceux-ci font profil bas et tentent de passer inaperçus.
Chacun a ses secrets…

Sous le soleil et la chaleur du Sud-Ouest, guette une tempête au doux parfum de chaos…

dimanche 14 juin 2026

L'enragé de Sorj CHALANDON

Ce roman fut un véritable coup de coeur. 
Jules Bonneau va d’injustice en châtiments. Devenir « la Teigne », refuser de baisser le regard. Mais se souvenir que quelques hommes l’ont aidé parfois, juste pour rester humain.


Ce poème de Jacques Prévert résume beaucoup mieux que je ne saurai le faire ce roman, 
cet "Enragé".

Chasse à l'enfant.

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Qu'est-ce que c'est que ces hurlements

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant

Il avait dit J'en ai assez de la maison de redressement
Et les gardiens à coups de clefs lui avaient brisé les dents
Et puis ils l'avaient laissé étendu sur le ciment

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Maintenant il s'est sauvé
Et comme une bête traquée
Il galope dans la nuit
Et tous galopent après lui
Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant
Pour chasser l'enfant pas besoin de permis
Tous les braves gens s'y sont mis
Qu'est-ce qui nage dans la nuit
Quels sont ces éclairs ces bruits
C'est un enfant qui s'enfuit
On tire sur lui à coups de fusil

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Tous ces messieurs sur le rivage
Sont bredouilles et verts de rage

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent !

Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau.

— Jacques Prévert, Paroles, 1946
Quatrième de couverture :

" Je n’ai pas le droit aux sentiments. Les sentiments c’est un océan, tu t’y noies. Pour survivre ici, il faut être en granit. Pas une plainte, pas une larme, pas un cri et aucun regret. Même lorsque tu as peur, même au seuil de la nuit cellulaire, lorsque l’obscurité dessine le souvenir de ta mère dans un recoin. Rester droit, sec, nuque raide. N’avoir que des poings au bout de tes bras. S’évader les yeux ouverts et marcher victorieux dans le sang des autres, mon tapis rouge. Toujours préférer le loup à l’agneau." 

Dans la nuit du 27 août 1934, cinquante-six gamins se révoltent et s’échappent de la colonie pénitentiaire pour mineurs de Belle-Ile-en-Mer. La chasse aux enfants est ouverte. Tous sont capturés, sauf un. Voici son histoire...