samedi 25 juin 2022

Broadway de Fabrice CARO


J’ai été séduite par "Le discours", le livre et le film. Lorsque je suis tombée sur ce petit roman, je n’ai pas hésité, sûre de passer un bon moment, sans prise de tête.
Ce fut le cas, j’ai moins apprécié que "Le discours", mais j’ai quand même passé un bon moment…

Entre Jade et son chagrin d’amour, Tristan et son talent de dessinateur « porno », le voilà qui redevient jeune homme qui parfois oublie Anna, les enfants, les voisins et les amis.
Désir d’évasion d’un presque quinquagénaire qui semble s’enliser dans le quotidien. Peur de la vieillesse, peur de la maladie. Besoin de séduire.
Même si j’ai été agacée que jamais il n’arrive à parler avec son fils.
Les tribulations d’Axel; il y a un monde entre ce qui lui passe par la tête et la réalité. Son cerveau est en ébullition, les pensées se percutent.
Pour un agréable moment de détente.

Quatrième de couverture:

« Du paddle à Biarritz. Si je devais établir une liste de mes vacances idéales, le paddle à Biarritz avec un couple d’amis n’apparaîtrait pas sur la feuille, ni au dos, ni dans le cahier tout entier. Tout le monde était emballé, c’était l’idée du siècle, du paddle à Biarritz, youhou, champagne. »

Une femme et deux enfants, un emploi, une maison dans un lotissement où s’organisent des barbecues sympas comme tout… Axel pourrait être heureux, mais fait le constat, à 46 ans, que rien ne ressemble jamais à ce qu’on avait espéré. Quand il reçoit un courrier suspect de l’Assurance maladie, le désenchantement tourne à l’angoisse. Et s’il était temps pour lui de tout quitter ? De vivre enfin dans une comédie musicale de Broadway ?

Fabcaro en concert en 2016 (Hérault)
Source wikipédia


Mes lectures de Fabrice Caro

mercredi 22 juin 2022

La forêt aux violons de Cyril GELY

    En 1655 notre jeune Antonio devient apprenti chez le maître Amati, familles d’illustres luthiers de Cremone. Trop exigeant sans doute quant à la qualité de son travail notre jeune homme détruit beaucoup trop de violons. Amati le chasse.
    Pour survivre, il devient ébéniste, mais garde cette obsession du violon au son parfait.
C’est le bois qui fait la différence, il en est sûr !
Lors de son premier voyage, en 1670, Il achète le bois sur pied dans la région de Paneveggio, et attendra dix ans. Il effectuera quatre autres voyages en 1670, 1672, 1673 et 1676. Entre Cremone et Paneveggio il y a environ 250 kilomètres qu’il fera à pied.
Pendant ces voyages, il se lie d’amitié avec Giuseppe, propriétaire d’une forêt d’épicéas, (le roi de la forêt).

    Histoires d’amour, tendresse, affection, rien ne manque à ce récit. Séduite, j’ai été séduite par la beauté de ce roman. Cette douceur d’écriture, qui malgré des évènements parfois violents, me semble un long fleuve tranquille.
C’est une très belle lecture, pour amateurs de musique, de violons, de forêts … et tous les autres !

Merci Laurence pour ce joli cadeau.

Quatrième de couverture:

    Antonio, jeune luthier de Crémone, entreprend cinq voyages dans la région des « Montagnes roses » d’Italie dans le but d’acheter du bois pour ses violons. Ces voyages nous content une histoire d’amour passionnelle et silencieuse, une quête impossible, un monde d’arabesques et d’ivoire. Car là-bas, au lever du soleil, une jeune fille va inspirer à Antonio le plus beau des violons. Un violon qui évoquerait la silhouette d’une femme, de toutes les femmes

Le parc naturel Paneveggio
La forêt des violons.
Photo Michela Modena


Nicolo Amati (1596/1684)
Source Wikipédia

mardi 21 juin 2022

Le cerf-volant de Lætitia COLOMBANI


Anéantie par un drame personnel Léna démissionne de son poste d’enseignante et pour tenter de se reconstruire part en Inde.
Elle se retrouve au village de Mahäbalipuram, son désespoir est tel qu’épuisée, une vague l’emporte. Sauvée par la petite fille au cerf-volant, elle découvre ce pays, les castes et leurs insupportables traditions. Plus particulièrement La caste des « intouchables », la plus misérable où les enfants travaillent, les femmes sont asservies. Au nom de la tradition, des mariages arrangés de petite fille à peine pubères… Des vies vouées à la misère, la soumission et l’esclavage.

Vouloir aider tout en restant ce qu’on est, sans juger les autres, juste être là et donner son savoir… Se battre, apprendre à se défendre avec Preeti, émule de « Usha Vishwakarma ». Faire comprendre que l’émancipation passera aussi et surtout par l’éducation. C’est un long combat. C’est le combat de toute une vie. Savoir se battre, connaitre les règles d’hygiène. 

Laeticia Colombani nous offre un joli roman sur la résilience. Se reconstruire en donnant ce que l’on est davantage que ce que l’on a.

Quatrième de couverture :

Brisée par un drame personnel, Léna abandonne la France et son poste d'enseignante pour partir en Inde, au bord du golfe du Bengale. Un matin, alors qu'elle nage dans l'océan, elle manque de se noyer. Une petite fille qui jouait au cerf-volant court chercher de l'aide.
Comment la remercier ?... Âgée de dix ans, la petite travaille dans un restaurant et ne sait ni lire ni écrire. Entourée d'un groupe de filles du village et de leur cheffe, la tumultueuse Preeti, Léna se lance dans un incroyable projet : fonder une école pour tous les enfants du quartier qui en sont privés.
Au cœur d'une Inde tourmentée commence une aventure où se mêlent l'espoir et les désillusions, la volonté face aux traditions, et le rêve de changer la vie par l'éducation.

Usha Vishwakarma
Née en 1988 (?)
Elle fonde les "Brigades Rouges" en novembre 2011.
Les fameuses combattantes contre 
les viols et agressions faites aux femmes 

Mes lectures de Laetitia Colombani

vendredi 17 juin 2022

Les Septs de Sœurs Lucinda RILEY: Tome 7 - La Sœur disparue

Comme pour mes précédentes lectures de cette série, j’ai dévoré ce roman.
Lucinda Riley nous fait vivre dans son Irlande natale de beaux moments de passions. Haine et amour se côtoient et la guerre fait des ravages, les familles se divisent. Les passions sont exacerbées et aucune réconciliation ne semble possible.
Merry parait très distante avec les « sœurs » et n’a pas très envie de découvrir fratrie d’Asplièse.

Elle a un jour disparu. Par peur, elle était menacée, elle s’est enfuie et a passé presque 40 ans en Nelle Zélande, sans jamais contacter ou prendre des nouvelles de sa famille.
Quand elle revient, elle préfère retrouver les gens qu’elle a connu et aimé dans son enfance. Ses frères et sœurs, son mentor Ambrose, le Père O’Brien et aussi son amour de jeunesse…
Alors elle peut paraitre distante, et surtout, elle est plus âgée que les « Sœurs ». Elle a presque 60 ans.

L’histoire de l’Irlande, le conflit nord-irlandais et la violence que toute guerre civile provoque au sein même des familles, Lucinda Riley s’en sert pour encore une fois nous offrir une belle aventure.
J’ai tout de même eu cette impression d’inachevé à la fin du roman… La suite me parait donc indispensable.
C’est un tout jeune homme qui l’écrira, sans doute en pensant avec tendresse à sa maman.

Quatrième de couverture

Maia, Ally, Star, CeCe, Tiggy et Électra. Recueillies bébés par l’énigmatique Pa Salt, les six sœurs d’Aplièse ont chacune découvert leur histoire. Mais elles ont toujours su qu’elles devaient être sept, comme les étoiles des Pléiades à l’origine de leurs prénoms.
À présent que leur père a disparu, elles n’ont qu’un indice pour trouver leur dernière sœur : une bague sertie d’émeraudes formant une étoile à sept branches.
Elles se lancent alors dans une quête haletante où parcourant différents continents, elles découvrent une magnifique histoire d’amour, de bravoure et de sacrifice, qui a commencé près d’un siècle plus tôt, tandis que d’autres courageuses jeunes femmes avaient décidé de risquer leur vie pour changer le monde autour d’elles…
Traduit de l’anglais (Irlande) par Typhaine Ducellier et Élisabeth Luc.

Souvenirs d'un magnifique voyage!
Irlande 2014.

lundi 13 juin 2022

Digital Way of Life - L'Intégrale d' Estelle THARREAU


C'est toujours un plaisir de retrouver Estelle Tharreau. Ces nouvelles nous projettent dans un futur apocalyptique. Elle pousse au maximum les progrès pour nous montrer les risques courus si on ne prend pas garde. 
1- Pathologie
C'est une jolie petite nouvelle, une vingtaine de pages seulement, que je viens de terminer.
Bien sur, quelque soit le handicap, un enfant différent est toujours un drame. Il va falloir l'adapter au monde, il va falloir ignorer les regards des autres, aimer cet enfant qui ne représente pas tout à fait l'espoir que nous avions de son futur. Faire le deuil de l'enfant que nous rêvions et de l'adulte qu'il aurait du devenir.
Mais voilà, Milo aime les livres, les mots, c'est d'ailleurs son arrière-arrière grand-mère qui lui a offert de quoi lire, écrire… Où va se nicher la perversion des anciens?
Au delà du sourire que peut provoquer le choix de la différence de l'enfant, Estelle Tharreau parle de l'acceptation de l'autre. Isoler les personnes différentes pour éviter la "contagion".
Estelle Tharreau va droit au but. Elle décrit bien les souffrances de Sibelle, formatée depuis son enfance et incapable d'aider Milo. L'autorité de Tremo, pédiatre droit dans ses bottes sans compassion pour l'enfant … Un monde qui formate, un monde déshumanisé.

2 - Virtualité réelle
Comme il est étrange ce monde trop parfait, ce monde sans peur et sans reproche, où les gens apprennent à coder dès la petite enfance… Heureux le jour de vivre dans cet univers aseptisé, enfouissant leurs rêves, leurs désirs et affichant une perfection nauséabonde…car on sent malgré tout poindre leur réalité virtuelle, celles qu'ils programment la nuit, derrière leurs masques…
Alors le jour où la machine casse, le chaos n'est pas loin… et l'écriture d'Estelle Tharreau, rapide, incisive ne laisse pas le lecteur indifférent…

3 - Aveuglement amoureux
J'ai bondi, j'ai été révoltée quand j'ai lu cette nouvelle. Une justice éloignée de l'humain, c'est le triste demain que nous raconte Estelle Tharreau. Une justice rapide, sans état d'âme.
Mais c'est tout le charme de ces petites nouvelles. Nous faire réfléchir. Nous montrer que dès qu'on remplace l'humain par la machine, tout peut alors casser. La conscience humaine, aussi imparfaite soit-elle est nécessaire à l'équilibre de notre société.

4 - Inhumain 
Très vite nous sommes dans le vif du sujet. Un restaurant, des employés, des affinités, des amitiés et des amours, et une explosion. Deux « gueules cassées », que la science répare, ou essaie de réparer.
Je trouve merveilleux que les nouvelles technologies puissent améliorer les conditions de vies des personnes handicapées. Les émotions passent par le visage, un sourire, une peur, le désir aussi qui l’humanise.
Paulin manque de mots, n’ose pas s’exprimer, ne sait pas dire ses sentiments. Alors avec son visage privé d’expression, il finit malgré son incroyable beauté par susciter la peur.

5 - Automatique
C'est plutôt flippant d'imaginer qu'on puisse se laisser manipuler par un robot, c'est pourtant ce que vit Cécile, sans même s'en apercevoir! 

6 - Éternité 
Ce vieux rêve d'éternité, c'est espoir d'une vie sans fin, des recherches pour repousser au loin la mort. La Camarde crainte, la faucheuse redoutée, effacée enfin de nos vies.
C'est ce que propose la technologie, la robotique… sauvegarder les souvenirs pour l'éternité, pour que vive pour toujours notre moi. Un paradis artificiel.
Une jolie petite nouvelle qui soulève bien des questions philosophiques.

7 - Profil
Un professeur, compétant, aimant son métier et le pratiquant avec talent se voit rattrapé par le profil FaceBook créé pendant son adolescence et ces toutes jeunes années. 

8 - Bouton rouge
Que restera-t-il de nos savoirs dans les siècles futurs si les seuls récits sont numériques et que le livre papier a disparu? Dialogue entre deux hommes. Le premier se souvient de ce que son père lui racontait, l'autre n'a pas accès à ce savoir, car les livres n'existent plus! 

9 - Harceleuse
Quelle tristesse! Le bien de nos enfants devrait donc passer par l'uniformité?
À l'instar de Julien, une larme de fiel coule sur ma joue!

10 - La trappe
Pour sauver l'humanité, il vaut mieux ne pas agir dans son coin… Si la terre sera sauvée, mais qu'en sera-t-il de l'homme?

Présentation de l'éditeur

Serons-nous l'esclave de notre assistante de vie connectée ?
Nos traces sur le Net constitueront-elles des preuves à charge ?
La parole et la pensée deviendront-elles pathologiques à l'heure de la communication concise et fonctionnelle ?
Qu'arrivera-t-il si les algorithmes des moteurs de recherche effaçaient des pans entiers de notre mémoire collective ?
Autant de questions parmi d'autres, qu'Estelle Tharreau soulève dans Digital Way of Life, ce nouvel « art » de vivre numérique qui place l'homme face au progrès et à ses dérives.

Merci aux éditions Taurnada et à Joël Maïssa pour ce partenariat.


Mes lectures d'Estelle Tharreau 


vendredi 10 juin 2022

Le Serpent majuscule de Pierre LEMAITRE


J’ai toujours eu un faible pour les « vieilles dames indignes »

Depuis que j’ai vu « La Vieille Dame indigne » (1965) de René Allio (merci le cinéclub) interprétée par la magnifique Sylvie (1883/1970) j’ai un faible pour les vieilles dames pas tout à fait comme les autres.
J’ai pris un réel plaisir avec « Tatie Danielle » (1990) d’Étienne Chatilliez si bien interprétée par la talentueuse Tsilla Chelton (1919/ 2012).
« Ce n’est pas parce qu’on est vieilles et moches qu’on doit être négligées ! » (Précepte de ma mère repris à mon compte !).
Elle n’est jamais négligée, et adore les chaussures…
Alors forcément, Mathilde ne pouvait que me plaire. C’est un personnage atypique, et si elle se souvient d’avoir un jour été svelte et plutôt jolie, son embonpoint d’aujourd’hui ne l’empêche pas d’être encore performante dans son domaine.
Mais voilà, elle perd un peu la tête, alors elle a la gâchette un peu trop facile, et pas toujours à bon escient.
Roman qui a le charme de la jeunesse et déjà tout le talent de son l’auteur.

Pour passer un agréable moment.
Pour un instant sourire !

Quatrième de couverture :

"Avec Mathilde, jamais une balle plus haute que l'autre, du travail propre et sans bavures. Ce soir est une exception. Une fantaisie. Elle aurait pu agir de plus loin, faire moins de dégâts, et ne tirer qu'une seule balle, bien sûr."
Dans ce réjouissant jeu de massacre où l'on tue tous les affreux, Pierre Lemaitre joue en virtuose de sa plume caustique. Avec cette œuvre de jeunesse inédite, il fait cadeau à ses lecteurs d'un roman noir et subversif qui marque ses adieux au genre.

Sylvie.1965
Photo source 
"La vieille dame indigne"

Tsilla Chelton (1990)
Photo source 
"Tatie Danielle"


Mes lectures de Pierre LEMAITRE

mercredi 8 juin 2022

Première personne du singulier d' Haruki MURAKAMI

J'ai beaucoup de mal à parler d'un ouvrage que je n'ai pas du tout aimé.
Ce n'est pas mon premier Murakami, et d'habitude j'adhère à son univers si particulier. 
Ces femmes ou jeunes filles dont il oublie les noms, des souvenirs trop fugaces. 
Les moments où il semble rêver, être dans une autre dimension m'ont laissée dubitative.
Je me suis tout simplement ennuyée.

Quatrième de couverture :

Après le succès de Des hommes sans femmes, Murakami renoue avec la forme courte. Composé de huit nouvelles inédites, écrites, comme son titre l'indique, à la première personne du singulier, un recueil troublant, empreint d'une profonde nostalgie, une sorte d'autobiographie déguisée dont nous ferait cadeau le maître des lettres japonaises.

Un homme se souvient
De la femme qui criait le nom d'un autre pendant l'amour
Du vieil homme qui lui avait révélé le secret de l'existence, la " crème de la crème de la vie "
De Charlie Parker qui aurait fait un merveilleux disque de bossa-nova s'il en avait eu le temps
De sa première petite amie qui serrait contre son cœur le vinyle With the Beatles
Des matchs de base-ball si souvent perdus par son équipe préférée
De cette femme si laide et si séduisante qui écoutait le Carnaval de Schumann
Du singe qui lui avait confessé voler le nom des femmes qu'il ne pouvait séduire
De ces costumes qu'on endosse pour être un autre ou être davantage nous-même.

Un homme, Murakami peut-être, se souvient que tous ces instants, toutes ces rencontres, anodines ou essentielles, décevantes ou exaltantes, honteuses ou heureuses, font de lui qui il est.

Traduit du japonais par Hélène Morita

Photo source "La Voix du Nord"
Hélène Harbonnier 
Publié: 18 février 2022 à 15h25


Mes lectures de Murakami