jeudi 17 janvier 2019

Idiss de Robert BADINTER


Quatrième de couverture

J'ai écrit ce livre en hommage à ma grand-mère maternelle, Idiss.
Il ne prétend être ni une biographie, ni une étude de la condition des immigrés juifs de l'Empire russe venus à Paris avant 1914.
Il est simplement le récit d'une destinée singulière à laquelle j'ai souvent rêvé.
Puisse-t-il être aussi, au-delà du temps écoulé, un témoignage
d'amour de son petit-fils.

R.B.


Mon avis:

C'est un joli message d'amour, de tendresse que Robert Badinter envoie à travers le temps à sa grand-mère maternelle. Et à travers elle à sa famille, à sa mère, à son père. C'est tout en pudeur, comme sans doute l'homme qu'il est, comme du l'être sa grand-mère, puis sa mère…
C'est l'histoire d'une famille qui, parce qu'elle doit s'expatrier, se soude dans la tendresse.

Mon petit plus:

J'ai une profonde admiration pour Robert Badinter.

Alors que la France entière (ou presque) hurlait "À mort" contre Patrick Henry,
Robert Badinter et Robert Bocquillon ont défendu le jeune assassin.

Malgré la foule en délire hurlant sa haine devant le palais de justice, (les images des journaux télévisés étaient saisissantes, foule en délire impressionnante) malgré les menaces de morts (écrites (sans doute anonymes) les insultes de toutes sortes , Robert Badinter (et Bocquillon que je n'oublie pas!), fervent opposant à la peine de mort réussira à convaincre les jurés de ne pas condamner le jeune homme à la peine capitale.

Nous étions en 1976… Mon admiration fit de moi une fervente adepte de l'abolition de la peine de mort.

Quelques années plus tard, Mitterrand le contactera et devenu ministre de la justice de 1981 à 1986. Il propose au nom du gouvernement de la République d'abolir la peine de mort le 9 octobre 1981.

Badinter a vécu d'autres combats, et en vit encore. C'est un homme positif!

vendredi 11 janvier 2019

L' histoire d'Hellen Keller de Lorena A. HICKOK


Quatrième de couverture

Quel avenir peut avoir une petite fille de six ans, aveugle, sourde et muette ? Les parents d'Helen sont désespérés jusqu'au jour où Ann Sullivan arrive chez eux pour tenter d'aider Helen à sortir de sa prison sans mots, ni couleurs ni sons.
Les premiers échanges sont houleux, mais la persévérance d'Ann, l'intelligence et le désir d'apprendre d'Helen parviennent à vaincre l'impossible.


Mon avis:

Presqu'un conte, si cette histoire n'était pas une histoire vraie.
Ann Sullivan (1845-1849) une enseignante et une femme extraordinaire  va donner à Helen Keller (1880-1968) les codes pour sortir de son isolement. Malgré ses lourds handicaps Helen deviendra la première personne handicapée à obtenir un diplôme universitaire, puis elle deviendra auteur, conférencière. Elle fera de nombreux voyages.
Écrit simplement, le texte aborde sans mièvrerie les difficultés de l'apprentissage, les difficultés aussi pour intégrer et obliger la société à accepter les handicaps.
Cette lecture m'a donné envie de lire l' autobiographie d'Helen Keller "Sourde, muette, aveugle : histoire de ma vie".

Mon petit plus:
Il y a des livres qu'on lit en famille, parce que le bonheur de lire se transmet de génération en génération. 
Cette fois, c'est ma petite fille Lisa qui m'a conseillée cette lecture… qu'a fait après moi ma fille, sa mère. (Son avis ICI)
Trois générations et un même bonheur de lecture.

Les prénoms épicènes d' Amélie NOTHOMB


Quatrième de couverture 

« La personne qui aime est toujours la plus forte. »

Mon avis:

Les prénoms épicènes peuvent être à la fois masculins et féminins. 
Claude et Dominique, se rencontrent, se marient et ont une fille "Epicène".
Epicène est une enfant intelligente qui saura pallier à l'absence d'affection de son père 
Elle se construit dans cette non relation.
J'ai beaucoup aimé cette histoire originale; un père entraîne sa famille dans une folie vengeresse qui ne concerne que son ego!

Mon petit plus:
Je pensais trouver un rapport entre le titre et le roman… 
Non, en fait je crois que le titre est juste là pour expliquer ce que sont les prénoms épicènes lors de la promo du roman.
Tout Amélie Nothomb! 
Mais que voulez vous, plus que les romans, c'est le personnage fantasque de Nothomb que j'aime! 

Ce n'est pas ma première histoire avec Amélie Nothomb…
Mes lectures de Nothomb et avant la création de ce blog, "Hygiène de l'assassin", "Les catilinaires", "Stupeur et tremblements" et quelques autres dont le titre m'échappe.

Ma rencontre avec le roman:  
J'ai reçu ce livre cadeau de ma fille à Noël 2018

jeudi 10 janvier 2019

Ma bête de Jean-François REGNIER


Présentation du livre

Ma Bête, c'est ainsi que Weston Forrester surnomme Duncan Smith qu'il capture à Boston, sur le parking d'une station-service. Le ravisseur veut faire de sa victime le meurtrier qu'il n'a pas le courage de devenir. Weston Forrester a tous les atouts pour mener le jeu et faire de Duncan Smith un criminel.
La rencontre de ces deux hommes, dans un face à face tendu, va les amener à se découvrir aux limites de leurs forces et de leurs valeurs respectives.


Mon avis:

Il me parait bien lâche Weston, qui veut se venger des blessures de son passé sans devenir un assassin.
Avec lui nous pénétrons dans un monde étrange et surréaliste où il emprisonne un homme, pour en faire un animal obéissant,  pour le "dresser" et en faire le bras de sa vengeance. 
Il enlève Duncan, un jardinier.
C'est l'enfer qui commence, bien sûr pour Duncan, mais aussi pour Weston.
Une bonne idée de l'auteur, changer le narrateur à chaque chapitre, c'est tantôt le tortionnaire, tantôt la victime.
Nous suivons ainsi chaque personnage au coeur même de ses émotions. Les motivations de l'assaillant, ses blessures, sa folie même. Les peurs, l'incompréhension de la victime, puis sa lutte et sa résignation.
Au delà de la lecture, rapide et addictive, j'ai aimé la question que soulève le texte. La manipulation mentale peut hélas asservir certaines personnes (pas forcément les plus faibles), peut-on faire d'un individu lambda un assassin en le mettant au rang de l'animal qu'on dresse.
Je n'ai pas aimé la fin, elle est trop ouverte. J'ai, après avoir fermé l'ouvrage (enfin éteint la liseuse!),
pensé à différentes fins… toutes possibles sans doute, et si j'aime qu'un écrivain m'emmène à me poser des questions, je préfère qu'il porte ses héros jusqu'au bout de l'histoire.
Un roman réflexion comme je les aime!

Je remercie Partage lecture 
 et l'auteur Jean-François Regnier pour ce partenariat.

Mon petit plus :

J'ai lu "Des noeuds d'acier" en mars 2017 , un roman de Sandrine Collette  qui traite aussi de l'asservissement d'un homme. 
Intéressant de lire ces deux romans. 

mercredi 9 janvier 2019

Mon ombre assassine d' Estelle THARREAU


Présentation de l'éditeur:

En attendant son jugement, du fond de sa cellule, 
Nadège Solignac, une institutrice aimée et estimée, livre sa confession.
Celle d'une enfant ignorée, seule avec ses peurs.
Celle d'une femme manipulatrice et cynique.
Celle d'une tueuse en série froide et méthodique.
Un être polymorphe.
Un visage que vous croisez chaque jour sans le voir.
Une ombre. Une ombre assassine.

Mon avis:

Il ne s'agit pas d'un policier classique, mais de la longue confession de Nadège Solignac.
De sa naissance en 1989 jusqu'en 2018, l'héroïne narratrice, nous parle de sa vie.
Elle nous raconte le long enfer de son enfance. Cette maman à moitié folle qui semble vouloir l'éliminer. Puis l'arrivée du "monstre". Je n'ai pas admis que Nadège ne ressente aucune empathie pour sa petite soeur, je n'ai pas admis qu'elle l'appelle "le monstre". (Manon, nous ne découvrirons ce prénom qu'à plus de la moitié du roman… )
Une enfant ignorée, qui s'enferme dans sa haine des autres, dans ses vengeances. Une femme qui adapte son comportement au monde qui l'entoure, une manipulatrice.
Un peu de schizophrénie, une psychose profonde.
Un QI certainement élevé va permettre à Nadège de manipuler les êtres autour d'elle.
Il n'y a pas de sourire dans ce récit, Nadège est froide, manipulatrice dès l'enfance, pas seulement pour se protéger.
Il n'y a pas de concession dans la narration, Nadège n'a ni regret, ni remord, ses moteurs sont  la vengeance et de ne pas être entravée dans ses désirs… Son seul plaisir, sa jouissance, c'est le meurtre,  celui qui procure tristesse et chagrin, parfois folie autour d'elle.
Même la petite fille martyre qu'elle fut ne me l'a pas rendue sympathique. J'ai d'ailleurs la triste impression qu'elle ne cherche pas de pitié, elle veut juste être craint, faire peur.

J'aime qu'Estelle Tharreau lève ce tabou selon lequel une femme serait moins violente qu'un homme. On cherche l'influence masculine pour justifier des actes violents commis par des femmes. Je pense que c'est trop souvent une erreur…

Merci aux éditions Taurnada et à Joël Maïssa pour ce partenariat.


Mon petit plus:

C'est le quatrième roman d'Estelle Tharreau qui tombe dans ma liseuse.
"L'orage""L'impasse" et "De le terre dans la bouche" trois romans différents, des héros tous bien étudiés, des lieux différents… Avec "Mon ombre assassine" l'auteur continue de me surprendre. J'aime son écriture addictive et ses histoires originales.
Il faut aussi que j'avoue avoir une préférence pour les "one-shots" ("un tir" , "un roman, un héros") 

vendredi 7 décembre 2018

Les contes bleus du chat perché de Marcel AYMÉ


Quatrième de couverture:

Delphine et Marinette sont bien imprudentes. 
Elles ouvrent la porte au loup, recueillent un cerf en fuite et invitent les bêtes de la ferme dans la maison transformée en Arche de Noé
Un canard part en voyage et ramène une panthère aux yeux d'or.
Un mauvais jars mord les jambes des fillettes, qui se réveillent un matin transformées en âne et en cheval. Il se passe des choses bien étrange dès que les parents sont partis.


Illustré par Philippe Dumas.

Mon avis

Delphine et Marinette, deux soeurs encore petites vivent avec leurs parents dans une ferme. Cette ferme, c'est pour deux fillettes un lieu enchanté où elles côtoient les animaux domestiques, mais aussi parfois des animaux sauvages de nos contrées ou d'ailleurs! Et comme ces animaux parlent… Quel bonheur pour nos deux enfants.
Les parents peuvent bien prendre leur grosse voix, faire des gros yeux… , le loup, le chien, le canard, l' âne, le cheval… sont là pour rassurer et protéger les enfants.
À travers huit contes, "Le loup", "Le cerf et le chien","L'éléphant", "Le canard et la panthère","Le mauvais jars", "L'âne et le cheval", "Le mouton","Les cygnes", Marcel Aymé s'adresse aux enfants que nous sommes restés, de 7 à 77 ans.

Mon petit plus:

C'est avec "Le passe-muraille" un recueil d'une dizaine de nouvelles que j'ai découvert Marcel Aymé. 
Je possède toujours ce roman qui date de mes jeunes années!!! 


mardi 27 novembre 2018

Salina— Les trois exils de Laurent GAUDÉ


Le point de vue des éditeurs

Qui dira l’histoire de Salina, la mère aux trois fils, la femme aux trois exils, l’enfant abandonnée aux larmes de sel ? Elle fut recueillie par Mamambala et élevée comme sa fille dans un clan qui jamais ne la vit autrement qu’étrangère et qui voulut la soumettre. Au soir de son existence, c’est son dernier fils qui raconte ce qu’elle a été, afin que la mort lui offre le repos que la vie lui a défendu, afin que le récit devienne légende.
Renouant avec la veine mythique et archaïque de La Mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé écrit la geste douloureuse d’une héroïne lumineuse, puissante et sauvage, qui prit l’amour pour un dû et la vengeance pour une raison de vivre.

Mon avis:

"Par le sel de ces larmes dont tu as couvert la terre, je t'appelle Salina" 
Ainsi fut nommée par Mamambala l'enfant abandonnée.
L'histoire de Salina est racontée par Malaka, son troisième et dernier fils… celui né pour l'accompagner vers son dernier exil, celui né pour raconter sa vie, pour qu'on ne l'oublie pas, pour que sa vie deviennent une légende, un mythe.
Elle lui a appris sa vie, sa longue et douloureuse vie, les misères, les désespoirs des années de désert, de solitude… Elle lui a répété durant toute son enfance son amour, son rejet, sa vengeance…Sans pudeur, sans retenue.
Et comme souvent je retrouve chez Gaudé cette femme, hors du commun, cette femme exceptionnelle. Si parfois elle m'a choquée, si parfois je n'ai pas compris, ou plutôt pas admis son comportement… je ne peux encore une fois qu'admirer la superbe écriture de l'auteur… qui sublime son héroïne, à travers le récit du fils!
Une oeuvre, un roman, magnifique! 

Mon petit plus:

Mes lectures de Laurent Gaudé  ICI