dimanche 7 juin 2015

EJO

Beata UMUBYEYI MAIRESSE
Couverture: Fred Ebami
Quatrième de couverture

Ejo, seulement trois lettres pour dire notre origine et notre avenir. Un seul petit mot en kinyarwanda, la langue nationale du Rwanda, pour reconquérir la vie, retrouver les mots d’avant et inventer ceux d’après le génocide des Tutsi. 
Ejo, comme un exiler de paroles croisées, vivantes, vibrantes, ambiancées, de femmes très attachantes en quête d’elles-mêmes, comme nous le sommes de nous-mêmes – la terrible parenthèse du pire en moins. 
Et une jeune auteure franco-rwandaise Beata Umubyeyi Mairesse, exceptionnelle conteuse qui, en dix nouvelles, réinvente l’avenir d’un pays meurtri. Une écriture sans concession, à bras ouverts, alerte, pleine d’humour, de tendresse et de courage. 
Embarquement assuré vers l’autre. Le seul voyage qui vaille d’être vécu.

C'est avec une dizaine de nouvelles que Beata Umubyeyi Mairesse nous raconte un peu de la vie du Rwanda. J'ai pris un très grand plaisir à lire ses textes, regrettant parfois qu'il ne s'agisse que de nouvelles, espérant une suite. Le choix des nouvelles allège certainement la cruauté du propos, il permet aussi à l'auteur (mais est-ce possible?) de s'éloigner du drame de ces années de génocide en ébauchant quelques vies. Les survivants pleurent leurs morts, mais surtout les recherchent, ont souvent honte d'avoir été épargnés. La religion, ou plutôt les religieux sont présents, et les lettres que Soeur Anne adresse à sa soeur (frangine!) pendant une trentaine d'années sont des petits bijoux. La vision simpliste des "blancs" et leur sentiment de bien faire m'étonne toujours, et ressort très bien dans ces missives.
J'ai aimé le style de l'auteur que j'ai trouvé très doux…La lecture est simple, fluide. On passe d'une page à l'autre avec juste l'envie de lire encore. L'auteur a trouvé le ton juste pour nous livrer un peu de son Rwanda natal.

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