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lundi 17 mai 2021

Oh happy day de Jean-Claude MOURLEVAT & Anne-Laure BONDOUX

 


Quatrième de couverture :

Il y a quatre ans, l'écrivain Pierre-Marie Sotto est tombé amoureux de son admiratrice Adeline Parmelan. Puis il y a eu le " grand malheur ". Et un très long silence. Soudain, une envie irrépressible le prend de lui écrire de nouveau. Prétexte ou pas, il a absolument besoin de son petit carnet noir, sans doute oublié chez elle. Il y aurait dedans la phrase qui lui permettra d'écrire son prochain roman. Seulement voilà, le moment est mal choisi. Adeline va déménager au Canada. Avec le nouvel homme de sa vie. Et elle n'a aucune envie de lui répondre, et encore moins à propos de ce fichu calepin…

Mon avis : 

J’ai été séduite par le premier opus, « et je danse, aussi », c’est donc le sourire aux lèvres que j’ai commencé ce roman !
Quel bonheur que de retrouver nos deux amis ! Elle un peu distante, son départ lui a laissé quelques rancœurs bien compréhensives. Lui, ne sachant pas trop comment faire, trouvant un surprenant prétexte pour reprendre cette conversation épistolaire !
Maintenant qu’ils se connaissent, le bonheur de la découverte de l’autre n’est plus là, mais il reste le désir de se retrouver, et aussi de reprendre une correspondance qui leur manque à tous les deux.
Je ne pensais pas avoir besoin de mouchoirs, et pourtant, je me suis retrouvée en larmes.
Je dois dire que notre charmante Adeline n’est pas très douée pour choisir ses maris. Elle est touchante dans son désir de maternité, et Philémon est sa plus grande blessure.
Je parle de larmes, mais ce roman est plein de tendresse, d’humour. Les gaffes de l’un et de l’autre sont amusantes.
Encore un joli moment de lecture que je recommande pour se détendre, pour se changer les idées et rêver un peu.

Jean-Claude Mourlevat — Anne-Laure Bondoux 
Photo source Librairie Gibier
10 avril 2020
Photo © Mélania Avanzato

mercredi 5 mai 2021

Et je danse, aussi d' Anne-Laure BONDOUX & Jean-Claude MOURLEVAT


Quatrième de couverture :

Un mail comme une bouteille à la mer. D'ordinaire, l'écrivain Pierre-Marie Sotto ne répond jamais aux courriers d'admirateurs. Mais cette Adeline Parmelan n'est pas une « lectrice comme les autres ». Quelque chose dans ses phrases, peut-être, et puis il y a cette épaisse et mystérieuse enveloppe qu'elle lui a fait parvenir - et qu'il n'ose pas ouvrir. Entre le prix Goncourt et la jeune inconnue, une correspondance s'établit qui en dévoile autant qu'elle maquille, de leurs deux solitudes, de leur secret commun

Mon avis :

Quel bonheur de lecture, quel plaisir que de découvrir ces échanges de mails. 
Cette correspondance numérique a l'avantage d'être très rapide. Pas d'attente du facteur, pas de papier à lettre, pas d'enveloppes à chercher, de timbres à coller. Juste rédiger son texte et cliquer sur "envoyer".
On les découvre peu à peu, nos deux personnages. Avec pudeur et tendresse ils se dévoilent et aussi parfois se mentent. Quel lien peut-il y avoir entre ce sexagénaire prix Goncourt et Adeline, cette énigmatique lectrice?
Il a une grande famille, quatre mariages et je crois au moins six enfants, plus les enfants de ses "ex". Des petits-enfants aussi, mais surtout je l’ai trouvé tout simplement gentil. C’est sans doute banal, mais c’est ce qui me vient à l’esprit quand je pense à ce personnage.
Adeline semble plus seule, plus complexe aussi.
Il y a entre eux un mystère, et tout au long de leurs échanges, on a envie de comprendre ce qui peut les unir, quel est ce mystère ?

On se sent bien en leur compagnie, on rencontre au hasard des mails les relations de Pierre-Marie, parfois de tendres et solides amitiés, des relations plus ponctuelles.
C’est un roman plein de tendresse, d’humour aussi.
C’est une lecture qui fait du bien, qui donne le sourire et aussi un peu de nostalgie !

Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat
Photo source Fleuve Éditions 
La pléiade le 6 mars 2015



Quelles soient réelles 
Ou romanesques
j'ai toujours un grand plaisir en lisant les romans épistolaires. 

jeudi 27 juin 2019

Il n'est jamais trop tard d' Anne YOUNGSON


Quatrième de couverture:

Rien de tel qu’un parfait inconnu pour se révéler à soi-même.
Lorsque Tina Hopgood écrit une lettre depuis sa ferme anglaise à un homme qu’elle n’a jamais rencontré, elle ne s’attend pas à recevoir de réponse. Et quand Anders Larsen, conservateur solitaire d’un musée de Copenhague, lui renvoie une missive, il n’ose pas espérer poursuivre les échanges.
Ils ne le savent pas encore, mais ils sont tous deux en quête de quelque chose. Anders a perdu sa femme, ses espoirs et ses rêves d’avenir. Tina se sent coincée dans son mariage. Leur correspondance s'épanouit au fur et à mesure qu'ils s’apprivoisent au travers de leurs histoires personnelles : des joies, des angoisses, toutes sortes de découvertes. Quand les lettres de Tina cessent soudainement, Anders est plongé dans le désespoir.
Leur amitié inattendue peut-elle survivre? Un premier roman plein de grâce et de fantaisie.
Traduit de l'anglais par Perrine Chambon


Mon avis:

Quel bonheur de lecture que ce roman!
Cette correspondance entre deux êtres que tout semble séparer est un vrai bain de fraicheur. Rien n'aurait du réunir Tina, fermière anglaise et Anders, conservateur d'un musée danois.
Rien sinon l'homme de Tollund. 
Alors entre-eux, un magnifique échange épistolaire. Ils vont au fil des lettres découvrir l'autre, mais aussi se découvrir, s'épanouir. 
C'est tout en tendresse, en respect.
Ils se racontent leurs drames, leurs joies, leurs espérances. 

Mon petit plus:

"L'homme de Tollund"



ancêtre des danois, mort entre 375 et 210 avant J.C. 
Je le trouve beau, le visage serein.
Il ne semble pas dormir pour l'éternité.

mercredi 19 septembre 2018

LIU XIA Lettres à une femme interdite de Catherine BLANJEAN


Quatrième de couverture

Préface de Liao Yiwu.
Depuis que le prix Nobel de la paix a été décerné en 2010 à son époux Liu Xiaobo, Liu Xia, poétesse et photographe chinoise, est assignée à résidence, soumise à un étroit contrôle policier. Son seul « crime » : s’être proposée pour représenter son mari emprisonné lors de la remise du prix. Liu Xiaobo est mort en juillet 2017, des suites d’une longue maladie. Liu Xia, elle, n’a toujours pas retrouvé sa liberté et, depuis, on est presque sans nouvelles d’elle. 

Quand elle a appris le sort fait à Liu Xia, Catherine Blanjean a entrepris de lui écrire des lettres dont elle savait pourtant qu’elles ne pourraient jamais lui parvenir. Pour tenter de comprendre ce qui la fait tenir au bord du gouffre, et pour pénétrer l’intensité de son amour pour Liu Xiaobo. Catherine Blanjean est alors allée à la rencontre des rares personnes capables d’évoquer Liu Xia ; elle s’est aussi plongée dans des textes qui parlent de la Chine et de son régime. Il en ressort le portrait bouleversant d’une femme « interdite ». 

Ce livre est le journal de cette correspondance à sens unique. Une découverte par l’intime de ce que signifie cette terrifiante « réduction au silence ». Le cri d’une femme pour une femme. Et pour l’humanité. 

Mon avis

C'est un choix peu banal que celui de Catherine Blanjean; écrire à une inconnue qui peut-être ne recevra et ne lira jamais ses lettres. 
J'ai aimé l'idée, par une correspondance, faire connaître Liu Xia. Parler d'elle pour que cette poétesse et photographe, vivant en résidence surveillée juste parce qu'elle est l'épouse de Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix en 2010, ne tombe pas dans l'oubli, dans l'indifférence.
J'ai aimé ces lettres, toutes simples. 
J'ai aimé suivre l'auteur dans cette quête de Liu Xia, découvrant au fil des pages ses poèmes, ses photographies. Son caractère aussi, en rencontrant les amis de la poétesse et du couple qu'elle formait avec Liu Xiaobo.
Une belle lecture, une jolie rencontre!

Mon petit plus: 

Liu Xiaobo, prix Nobel de la Paix 2010  est décédé des suites d'un cancer le 13 juillet 2017, après plus de huit ans de détention.
Liu Xia, la veuve du prix Nobel de la paix et dissident chinois était placée sous résidence surveillée depuis huit ans, sans avoir été jugée.
Le 10 juillet 2018 Liu Xia, la veuve de Liu Xiaobo a quitté la Chine.


Catherine Blanjean, musicienne et comédienne, dirige un lieu culturel dans la campagne wallonne.

Le livre est publié en mai 2018.
J'espère de tout coeur que Liu enfin libre a lu les lettres de Catherine, qu'elles se sont rencontrées.
Peut-être même deviendront-elles amies.

mercredi 11 avril 2018

Une amitié d'autrefois de Jacques Rivière & Alain-Fournier


Quatrième de couverture

Ce sont deux jeunes gens qui viennent de leur province. L'un est du Berry, c'est Henri Fournier qui signera en 1913, du pseudonyme d'Alain-Fournier, son premier roman Le Grand Meaulnes, un livre aujourd'hui devenu un mythe. L'autre est Jacques Rivière. Il vient de la Gironde et deviendra le directeur de la prestigieuse Nouvelle Revue française, fondée par André Gide, à laquelle il sacrifiera son œuvre personnelle. 
Ils ont dix-sept ans en 1903. 
Leur amitié est née d'une lecture du poète Henri de Régnier qui a porté au comble un commun amour de la littérature et de l'art. Ils délaisseront vite leurs études pour courir les librairies, les musées, les salles de concerts et les rues de Paris, «cœur du monde». 
Leur correspondance est un tableau vivant de leur histoire personnelle et de celle du monde qui les entoure de richesses foisonnantes dont leur époque déborde. 
Les lettres sont groupées par thèmes qui évoquent les grands moments de leur amitié : les livres, l'Angleterre, Gide, les vacances, la guerre… où Alain-Fournier trouva la mort le 22 septembre 1914 à l'âge de vingt-huit ans.

Mon avis

Ils sont très jeunes lorsqu'ils se rencontrent, ils ont l'âge de Rimbaud, la vie devant eux, des rêves plein la tête, le coeur rempli des amours futures et surtout beaucoup de talent!
Ils sont très différents, et c'est sans doute ce qui apporte un plus à leurs échanges. Ils discutent par écrit de leur point de vue, ils se complètent et surtout ils se respectent!
De Lakanal, le lycée parisien où ces deux provinciaux se rencontrent, à Simone le dernier amour de Henri, dix ans se passent… Dix ans d'une amitié solide, c'est l'amitié telle que je la conçois, telle que je l'aime… Elle doit, il faut  qu'elle existe encore aujourd'hui…
Les lettres sont classées par thème. C'est certainement bien pour faire une étude des sujets traités par nos jeunes gens, en revanche cela nuit à l'évolution dans le temps. (Les années à Lakanal, les voyages, leur service militaire, les artistes et écrivains, la religion…etc).
Alain-Fournier signe Henri, son prénom!
La dernière lettre date du 11 septembre 1914, c'est une carte que Alain-Fournier envoie à Isabelle, sa soeur, et épouse de Jacques Rivière. Il signe "Ton frère, Henri."

Ma petite anecdote

J'ai offert ce livre à mon fils, avec l'intégrale de "Alain-Fournier" que j'avais trouvé un peu trop légère. Il était depuis l'adolescence passionné par la Grand Meaulnes, (je n'ai jamais compris pourquoi!) Il m'a fait remarquer que Alain-Fournier était mort à 28 ans… et cette année là Yann fêtait ces 28ans (**!!?!!**).