mardi 26 mai 2015

Mes quatre femmes

Gisèle PINEAU

Quatrième de couverture: 

Qui parle en vous ? Qui vous raconte les histoires qu'à votre tour vous transmettrez ? Pour répondre à ces interrogations, Gisèle Pineau a choisi de remonter le cours des vies de quatre femmes. Celles qui l'ont construite. Angélique, l’ancêtre esclave, qui connut les temps perturbés de l’abolition puis du rétablissement de l’esclavage, gagna sa liberté et finit par épouser le Sieur Pineau. Julia, la grand-mère, profondément attachée à son pays Guadeloupe, mais contrainte à l’exil pour fuir un mari trop violent. Gisèle, la grand-tante, qui se laissa mourir de chagrin à vingt-sept ans, après avoir perdu son jeune époux. Et puis Daisy, la mère, qui, au plus gris de l’exil et de ses malheurs, se tint toujours debout pour ses enfants et rêva sa vie dans les romans d’amour. Avec son livre le plus personnel – et peut-être le plus émouvant –, Gisèle Pineau fait revivre ses quatre femmes dans la « geôle noire » de la mémoire. Quatre femmes, quatre époques de l’histoire antillaise, quatre inoubliables destins.

Gisèle et Daisy sont sœurs, Julia est la belle-mère de Daisy, tandis qu’Angélique est l’aïeule PINEAU. Trois de ses femmes sont mortes, Daisy vient les voir.
Julia porte l’ironie d’un nom: Julia Andrésine ROMAN, elle ne sait ni lire ni écrire, son mari, c’est son bourreau. Elle met au monde plusieurs enfants. Celui qu’elle appelle « Pied-chance » est le père de l’auteur. Avec son fils elle partira en métropole, mais reviendra finir sa vie sur sa terre natale.
Daisy c’est la maman de l’auteur. Jamais vraiment remise de la mort de sa sœur ainée (Gisèle) elle cherche à comprendre, elle voudrait tant avoir des explications. Elle nous raconte sa vie auprès de son militaire de mari.
Dans son malheur auprès de son bourreau, Daisy s’évade dans les romans à l’eau de rose. Ces romans qui lui permettent de toujours espérer, de continuer et d’élever ses enfants.
"Adieu, foulards, adieu, madras, adieu, soleil, adieu, colliers-choux,… "Angélique c’est l’ancêtre. Elle fut esclave, elle a vécu les abolitions. Elle a passé toute sa vie à se battre.
"Moi aussi j’aurais pu voyager à travers le monde, sauf que je suis née en un temps où les nègres avaient droit qu’à un seul genre de voyage. Un voyage pour l’enfer. Un voyage pour le pays d’où l’on ne revient pas. Un voyage pour l’esclavage." Elle a appris par cœur cette page de la « Gazette » qui annonce sa libération de l’esclavage.

Gisèle Pineau a su tirer le meilleur des histoires qu'elle a entendu lorsqu'elle était enfant, puis que sa mère ou sa grand-mère lui a raconté! Ce sont des vies de souffrance, et pourtant, on a l'impression qu'au milieu des coups, des brimades, l'espoir est toujours présent.
Une jolie découverte que cet auteur qui nous parle de sa famille, de ses origines en donnant la parole à ces ancêtres.

2 commentaires: