mercredi 21 mars 2018

Le verger de marbre d'Alex TAYLOR

Quatrième de couverture

Alex TAYLOR
Traduit de l'américain par Anatole Pons

En plein Kentucky rural, la Gasping River déploie son cours au milieu des falaises de calcaire et des collines. Un soir où il conduit le ferry de son père sur la rivière, le jeune Beam Sheetmire tue un passager qui tente de le dévaliser. Mais sa victime est le fils de Loat Duncan, un assassin sans pitié. Toujours accompagné de ses chiens menaçants, Loat est lui-même porteur d’un lourd secret concernant le passé de Beam. Aidé par son père, le jeune homme prend la fuite.
Grand Prix du Roman noir étranger de Beaune 2017.


Mon avis

J'ai trouvé ce texte magnifique, comme un poème! Les personnages pour la plupart laids et malsains, les lieux sales, nauséabonds, même quand Derna fait le ménage, elle étale la crasse. La Gasping River qui devrait couler sereine dans ce coin perdu du Kentucky sent mauvais. Même les putes du bar de Daryl paraissent fanées, usées…
Et ce jeune homme, ce jeune Beam s'enfuit … et nous allons rencontrer avec lui une faune, une flore  magnifiques. Des arbres, des souches, des plantes (j'ai cherché ce que pouvait être ce fameux ginseng que cherche Pete Daugherty) bien sûr les guêpes, les mouches et les moustiques, les vautours aussi… au milieu de ce qui pourrait être une casse. Une pauvreté intellectuelle immense. Un monde qu'on n'arrive pas à quitter, un monde qui vous prend aux tripes, un monde sans espoir. Un roman qu'on ne peut pas lâcher, une histoire simple d'un jeune homme qui s'échappe, et qui n'aurait pas du fuir. Une traque qui parait sans fin… 
Si j'ai pu trouver un peu de sérénité dans ce verger de marbre, elle fut de courte durée. Ils sont là ces chiens dressés, mais aussi ces chiens d'humains pour ne pas nous laisser enfin nous reposer. 

Je remercie Partage lecture et les éditions Gallmeister pour ce partenariat.

Ma petite impression

C'est étrange ce qu'on peut ressentir à la lecture d'un roman, les sons, les lumières, les couleurs… c'est "Correspondances" et Baudelaire entre en lice! C'est tellement noir, et tellement beau que me vient à l'esprit "Une charogne", encore ce vieux Charles.
"Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux"
 Vous vous en doutez, j'aime Baudelaire! 

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