vendredi 24 mai 2024

Inconnu à cette adresse de Kathrine KRESSMANN TAYLOR

J’ai été séduite par cette correspondance entre des amis-associés. En peu de mots l’autrice nous montre le basculement et surtout l’endoctrinement de Martin Schulse (allemand). L’histoire est courte, et somme toute assez banale s’il n’y avait pas un fond de cruauté difficilement compréhensible.
La vengeance est un plat qui se mange froid, et ici, quel délice que cette action menée par Max Eisenstein (américain et juif) pour le souvenir de sa soeur .
Écrit avant la guerre, étonnant et brillant, et tellement d’actualité!

C’est mon petit-fils qui m’a proposé cette lecture.
« Tient Grand-mère, tu me diras ce que tu en penses.» Merci Antony!

Présentation de l'éditeur

Martin Schulse, Allemand et Max Eisenstein, juif Américain, sont deux galeristes associés, aux Etats-Unis. Ils sont surtout deux amis fervents, deux frères. Malgré l'installation de Martin à Munich, ils poursuivent leur amitié à travers des lettres chaleureuses, passionnées. En juillet 1933 pourtant, les doutes et le malaise de Martin face aux remous du gouvernement allemand font vite place à un antisémitisme que ne tempère plus la moindre trace d'affection. D'une cruauté imparable, sa décision tombe comme une sentence : "Ici en Allemagne, un de ces hommes d'action énergiques, essentiels, est sorti du rang. Et je me rallie à lui." Max ne peut se résoudre à une telle révolution, sentimentale et politique. 
Traduit par Michèle Lévy-Bram.

mardi 21 mai 2024

Tenir sa langue de Polina PANASSENKO

Il est question non seulement d’un prénom, mais d’origines, de culture et d’appartenance à une lignée.
Pour s’ intégrer une génération a délibérément francisé les prénoms, (exemple ma belle famille) ceux de leurs enfants, mais aussi parfois leurs patronymes (beaucoup d’espagnols fuyant le régime de Franco).
J’ai noté que sa maman, trop tôt sans doute disparue a voulu que sa fille connaisse, parle et écrive le russe.
Souvent quand un enfant est nouveau, il attire l’intérêt des autres. J’ai été surprise de la violence de ce rejet dès la petite enfance. Peut-être que l’enseignante aurait du l’intégrer davantage, ainsi d’ailleurs que ce petit Philippe isolé à cause d’un problème de bégaiement qu’on sait quand même gérer aujourd’hui, (et depuis longtemps déjà lorsque Polina était en âge scolaire).
Une belle brochette de souvenirs, ses grand-parents, et surtout son grand père tant aimé et si russe, si chauvin qu’il en est attendrissant.
La construction des phrases m’a parfois déroutée.
Une lecture faite plutôt rapidement. 

Quatrième de couverture:

"Ce que je veux moi, c'est porter le prénom que j'ai reçu à la naissance. Sans le cacher, sans le maquiller, sans le modifier. Sans en avoir peur". Elle est née Polina, en France elle devient Pauline. Quelques lettres et tout change. À son arrivée, enfant, à Saint-Etienne, au lendemain de la chute de l'URSS, elle se dédouble : Polina à la maison, Pauline à l'école. Vingt ans plus tard, elle vit à Montreuil.
Elle a rendez-vous au tribunal de Bobigny pour tenter de récupérer son prénom.

lundi 20 mai 2024

Opioïdes d' Aloysius WILDE

 
Avec ce roman A. Wilde nous montre les cotés négatifs des laboratoires pharmaceutiques. Rendre une population dépendante à des anti-douleur afin de la fidéliser. Corrompre des médecins, pratique notamment très actives dans les hôpitaux, manipuler des politiques afin d’obtenir des autorisations de mises sur le marché. Les chercheurs sont aussi soumis à des chantages, leur vie parfois menacée, et surtout celles de leurs familles.
Mage, la fille du docteur Khan est devenue la cible de ce système.
C’est un roman qui se lit vite, il nous met face à nos responsabilité quand à la confiance que nous devons accorder à nos soignants.
Je recommande vivement cette lecture.

Je remercie Aloysius Wilde qui m’a gentiment offert son roman et cet agréable moment de lecture !

Mes lectures d' Aloysius WILDE

Présentation de l'auteur

Le laboratoire Stelenix ne recule devant rien pour imposer son antidouleur opioïde, l’Oxydolix. Tant pis si ce produit provoque des addictions chez les patients. Tant pis si les patients perdent le contrôle jusqu’à l’overdose et meurent par dizaines de milliers. C’est l’histoire d’une crise sanitaire sans précédent provoquée par pur mercantilisme. Mais alors, que vient faire Mage, la fille du professeur Kahn, dans cette sinistre débâcle ?
Alors que les redoutables visiteurs médicaux de Stelenix intriguent pour pousser les médecins à prescrire l’Oxydolix, Mage s’enfonce chaque jour un peu plus dans une manipulation montée de main de maître pour l’amener à l’objectif. C’est incompréhensible : que peut-on bien lui vouloir ?

jeudi 16 mai 2024

Mon ami Charly de David BELO


C’est un étrange roman que nous offre David Belo. Si j’ai eu du mal à entrer dans cette histoire, après une centaine de pages, j’ai eu du mal à lâcher ma lecture.
J’ai très vite pensé à ce film de Ron Howard, «Un homme d’exception», John Nash, ce génie des math atteint de schizophrénie, interprété par Russel Crowe.
Bastien, et son ami Charly sont amis d’enfance, Charly a pour lui le prestige de l’ailleurs, il a même encore un petit accent américain. Cette vie d’enfance hors du commun que chaque gamin aimerait avoir!
Adulte, il est pénible Bastien, il veut toujours tout planifier, il ne laisse rien au hasard.
Des vacances à la montagne, en famille, mais avec Chloé, l’amie de sa fille qui n’était pas tout à fait prévu, et BINGO! Tout bascule.

Des allées et venues entre l’enfance et l’âge adulte.
Des touches d’humour, quelques rêves aussi. Et bien sur Marion.
C’est plein de rebondissements, d’actions.
Un auteur à découvrir.

Quatrième de couverture:

Après un traumatisme, deux adolescents de 14 ans, Charly et Bastien, inventent le BINGO : une philosophie permettant d'anticiper, d'extrapoler et de déjouer les dangers de la vie.
Toujours en place trente ans plus tard, le BINGO promet des vacances d'été paisibles au mont Corbier pour Bastien et sa famille.
Mais lorsque l'énigmatique Chloé, meilleure amie de sa fille, se joint à l'escapade, le BINGO semble caduc.
Bastien panique et la montagne se métamorphose en théâtre des enfers.
Certaines choses sont imprévisibles.

Merci aux éditions Taurnada et à Joël Maïssa pour ce partenariat.

samedi 11 mai 2024

Nos ombres, là-bas de Jean-François REGNIER

Comme elle est étrange cette relation entre Anne et le reste de sa famille.

Cette impression que à trop vouloir bien faire, à vouloir être parfaite, elle semble être distante.  Elle témoigne si peu de son amour . Ne jamais poser de questions, ne jamais vouloir être indiscrète .

J’ai eu le sentiment que malgré elle, Anne passe à côté de tous les bonheurs simples de la vie. 

Elle ne sait rien des drames qu’ont pu vivre sa belle-mère et son mari. Trop rigide dans l’éducation qu’elle a donné à ses enfants, elle les a sans doute éloignés d’elle. 

Pour aider Pierre, pour essayer de rejoindre son mari, qu’elle aime toujours elle va mener une enquête afin de découvrir ce qui  le rend si inaccessible .

C’est son long chemin qui va les faire se rencontrer, peut-être même se découvrir vraiment. 

J’ai aimé Anne, pour son indépendance, son réalisme . Je l’ai aimée quand elle dit à sa fille de s’occuper de ses affaires. J’ai moins aimé ses silences. Mais c’est une solitaire qui à la retraite va enfin retrouver cette solitude et cette indépendance qu’elle aime tant. 

Le moment de la retraite c’est aussi celui des projets. Les enfants partis, mais toujours présents, les petits enfants à gâter, mais aussi des voyages, des visites.  Le sens que nous donnons à nos vies ne dépend pas hélas que de nos désirs. 

Je connaissais Jean-François Regnier pour ses thrillers. Son écriture rapide, ses personnages très réalistes donnent à ses romans une force surprenante. 

Une lecture qui peut se partager et provoquer des discutions. Une lecture que j’ai appréciée et que je recommande.

Mes lectures de Jean-François Régnier

Quatrième de couverture::

Anne, la soixantaine passée, fait le bilan de sa vie pour finir par s'avouer que, bien qu'ayant assuré sur le plan professionnel, elle a complètement échoué sur ses liens avec ses enfants mais surtout au niveau de son couple. Son mari, Pierre, prend de la distance, change de comportement, se mure dans son silence, et se met à écrire un livre. Les absences de Pierre finissent par miner le quotidien d'Anne qui choisit de le filer. De découvertes en déconvenues, sous l'oeil inquisiteur d'un voisin, une descente aux enfers commence. Roman sur le sens de la vie, sur nos choix non assumés, notre rapport à nos échecs comme à nos réussites, « Nos ombres, là-bas » et ses personnages attachants entraîne le lecteur vers une terrible vérité.