vendredi 16 septembre 2016

Le fauteuil roulant malgré lui.

François-Marie et Sylvie PONS

Quatrième de couverture 

Il fallait tomber sur lui, le fauteuil roulant narrateur des misères de sa "patronne": il nomme ainsi la patiente qu’il transporte, une personne peu banale qui s’est réveillée à moitié paralysée un lendemain de Saint-Valentin, dans une chambre d’hôpital. Une opération qui a mal tourné et un cancer qui récidive. Ça aurait pu virer au pathos, mais ce serait sans compter avec l’incroyable opiniâtreté de ce tandem singulier : la patronne, petit soldat de tous les possibles, fantaisiste et imprévisible, passionnée d’aquarelles et le fauteuil roulant, tendre, espiègle et râleur. Une complicité inattendue motivée par la colère… sa colère à elle d’être contrainte de devoir réapprendre à marcher comme une enfant ; sa colère à lui, exceptionnellement doué de pensée et de sentiments, de n’être considéré que comme un vulgaire moyen de transport pour handicapé ! Et puis, il y a le patron aussi, le mari, l’"aidant" qui a parfois du mal à trouver sa place dans ce maelström, qui pousse le fauteuil et fulmine contre les innombrables obstacles dans les rues mais qui tente de positiver faute de mieux. La patronne donne le ton quand elle déclare tout de go que mourir, ça n’est vraiment pas intéressant ! Le récit débute le jour de l’anniversaire de leurs noces d’émeraude, il nous embarque dans l’odyssée à la fois quotidienne et singulière, triviale et surréaliste, émouvante et facétieuse de l’étrange trio aux prises avec l’infortune.

Donner la parole à un fauteuil roulant, je dois dire que j'ai trouvé l'idée originale. Avoir le point de vue à hauteur d'un siège, imaginer les relations pouvant exister entre ce moyen de transport et les personnes qui l'occupent ou le poussent. C'est être au plus près une personne handicapée dans son quotidien et toucher du doigt les problèmes de circulation.
Le fauteuil commence par la fin. Avec les noces d'émeraude nous découvrons le "patron" et la "patronne". Un profond amour les unit, ils vivent le drame de la maladie et essaient d'en tirer sinon le meilleur, au moins de ne pas se perdre dans la lamentation. C'est presque amusant de voir le patron lutter pour trouver les accès "Handicapés", même les panneaux jouent à cache-cache, les trottoirs trop hauts, les portes trop étroites…
Avant d'arriver à ce moment de bonheur, notre fauteuil aura fait l'expérience de la rééducation, ce dur labeur de tous les jours, ce corps qui ne veut plus obéir et cette volonté de fer d'une dame défiant la nature… Puis les premières sorties, comme les choses qui sont si simples deviennent vite compliquées quand on ne peut plus se mouvoir…L'espoir, l'été de rêve, puis…Non pas, toujours pas le désespoir, mais la rechute…avec son lot d'angoisses…et surtout encore et toujours l'amour du patron pour la patronne, le soutien de l'entourage et avant toute chose la volonté de fer de cette "patronne"."Il y a ceux qui vivent malgré tout et ceux qui vivent malgré eux…"
De jolis moments de tendresse, beaucoup d'humour, des couleurs gaies et vives…Une lecture pas toujours facile mais enrichissante, et surtout un hymne au courage.


"Objets inanimés, avez-vous donc une âme
  Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?…"
Milly ou la terre natale de Alphonse de LAMARTINE (1790-1869)

Je remercie Anaelle, des éditions Publishroom pour ce partenariat.


Le fauteuil roulant malgré lui de François-Marie et Sylvie PONS

4 commentaires:

  1. Je ne connaissais pas, il a l'air vraiment bien !

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    1. Une façon originale de parler du handicap!

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  2. Il me tente bien celui-ci
    Merci Joëlle

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    1. C'est aussi une belle leçon de courage,
      mais tu n'en manques pas non plus!

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